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(Of course, any resemblance to the names, character, or history of any person is coincidental and unintentional...) (Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence...)

19 décembre 2009

Free as a Bird

No, I haven't fallen off the planet.

Je suis bien toujours là. Mais comme c'est mon premier jour de vacances après un mois et demi cauchemardesque et qui m'a bien malmenée, le programme des vingt-quatre prochaines heures est le suivant: faire le concombre devant des séries télévisées, avec un seul objectif, réduire mon activité cérébrale jusqu'au minimum fonctionnel.

Après ça, je vous raconte tout, c'est promis.

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10 novembre 2009

Prom'nons-nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas

Par le biais de son commentaire, Canthilde vient de me donner une idée.

Et si, pour une fois, ce n'était pas moi qui écrivais?

J'ai peur de faire une mauvaise mère, mais vous, quelle mère/père avez-vous eu(e)? Quelle mère/père êtes-vous devenu(e)? Pas besoin de rédiger des tartines, à moins que tel soit votre désir, juste les lignes directrices.

Au plaisir de vous lire.

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04 novembre 2009

L'egoland

En ce moment, j'en ai marre de mon ego. 

Parfois, je voudrais mettre mon cerveau en mode veille. Cesser de me regarder le nombril en permanence, de disséquer chacun de mes sentiments, de nourrir mes angoisses de pensées stériles. Il paraît que lorsque l'on fait un enfant, le centre de l'ego se déplace, et tout à coup, le centre du monde c'est votre progéniture. Cela suffirait presque en ce moment à me faire faire un enfant. Trêve de plaisanteries. Mais c'est vrai que, parfois, l'avenir de mes élèves me fait tellement cogiter que c'est toujours ce temps de répit gagné sur mes propres réflexions existentielles. 

Je suis plutôt bien dans mes baskets en ce moment. J'ai beau craindre de ne pas être vraiment faite physiquement pour réussir à endurer un plein temps "sur le terrain" et surtout avec cette quantité de transports; moralement, le fait de sortir de chez moi tous les matins dans un but précis, de surcroît d'intérêt public et doté d'un salaire (à venir fin novembre, ne soyons pas pressés!!), contribue notoirement à mon équilibre psychique. Mon succès à l'agrégation, qui me laisse encore incrédule par moments (je continue épisodiquement à faire ces rêves débiles où je suis de nouveau en train de passer le concours), a aussi beaucoup regonflé mon estime de moi. 

Sentimentalement parlant, je suis assez satisfaite de mon célibat en ce moment. J'ai l'esprit trop occupé par l'année de stage pour avoir le temps de songer à la solitude, et d'ailleurs, vu le peu de quiétude que j'ai avec les crocodiles, je suis ravie de la retraite paisible de mon chez moi le soir. Une petite partie de jambes en l'air ne serait pas de refus, mais franchement, je ne me sens pas trop disponible pour plus en ce moment. 

Et c'est là que le bas blesse un peu. J'aurai 36 ans dans trois mois et je suis toujours aussi peu pressée de faire des enfants. Comme je l'ai déjà affirmé plusieurs fois sur ce blog avec une constance sans faille, j'ai toujours pensé attendre la dernière limite biologique pour faire des enfants. 

Mais voilà, ces derniers temps, je me prends une bonne dose de réalité au visage. Nous vivons dans une société de solitaires idéalistes et nombrilistes, planqués derrière nos ordinateurs, et confiant à Internet le soin de nous trouver une âme soeur de plus en plus en décalage avec la réalité, car elle devrait combler toutes les névroses de nos vies modernes. Et ma réalité à moi, c'est qu'à bientôt 36 ans, je n'ai jamais vraiment rencontré un homme avec lequel je me verrais passer le restant de mes jours, ou même une quinzaine d'années. Mes statistiques personnelles sont: deux grands amours qui ont fini en deux spectaculaires et retentissants gadins, chacun suivi d'une dépression, et un record relationnel d'un an et demi quand j'avais vingt ans et de trois fois 1 an depuis, jamais plus. Et pour jouer de l'euphémisme, l'on pourrait dire que j'en suis à un nombre respectable de tentatives pour trouver l'âme soeur! Penser que je ne rencontrerai peut-être jamais cette âme soeur ne semble pas totalement déraisonnable dans ce contexte alors que trois de mes amies quarantenaires et célibataires sont elles-mêmes en train de parvenir à cette supposition dix ans plus tard. Voilà pour l'injection sous-cutanée de réalité.

Ca pourrait être une manchette de Voici: "Enfants: la femme qui avait passé le cap." Ceci dit, quand je pense aux trois relatives occasions que j'ai eues de faire des enfants, je me dis que j'ai fait le choix de la sagesse en m'abstenant de les faire avec ces pères-là et dans ces conditions-là, et je ne regrette vraiment rien.

Vivant à l'âge béni de la contraception, j'ai toujours été assez prudente et, alors que j'ai vu certaines copines tomber enceintes pour deux heures de retard dans la prise de leur pilule, pour ma part, je n'ai jamais été enceinte. Jusqu'à preuve du contraire, je pourrais d'ailleurs tout à fait être stérile, qui sait.

J'ai fait cinq tests paranoïaques de grossesse, comme le font toutes les filles lorsqu'elles ont un copain et quelques jours de retard inopiné, et je me suis toujours rongé les sangs en attendant le résultat, en priant pour que ce soit non à chaque fois. Au final, sur les cinq fois, j'ai crié "ouf!" quatre fois. La cinquième, à ma propre stupeur, j'ai fondu en larmes. Je ne m'étais même pas rendu compte à quel point je voulais un enfant de cet homme-là, mon second grand amour. J'ai rêvé deux fois que j'étais enceinte et me suis réveillée en trouvant ma main qui caressait mon ventre que mon rêve m'avait fait entrevoir gonflé par la maternité. Une fois, j'ai rêvé que j'étais maman de jumeaux et aimée de leur père. Pour leur caractère exceptionnel dans mon paysage onirique, ces trois rêves demeurent mémorables malgré le passage des années. Troisième indice que la maternité tient une place concrètement importante pour moi: à la suite de douleurs inhabituelles, on m'a prescrit une échographie gynécologique l'an dernier. Là aussi, je me suis rongé les sangs dans la salle d'attente. L'occasion d'une rencontre fugace avec une femme de quarante-deux ans qui était sur le point de se faire ligaturer les trompes pour ne pas avoir d'enfant lorsqu'elle est tombée enceinte sous pilule: l'enfant du destin. A son grand étonnement, elle était folle de joie. Que la vie est douce lorsqu'elle nous prend ainsi par surprise. Dans cette salle d'attente, et malgré mon attitude pro-adoption depuis toujours, j'ai réalisé que si la radiologue me disait autre chose que "tout est en ordre", je pleurerais toutes les larmes de mon corps. Par chance, c'est avec ce diagnostic-là qu'elle est venue me chercher.

Un jour, une femme m'a raconté qu'elle avait pesté toute sa vie contre ses règles mais que le jour où la stérilité de l'âge était venue l'en délivrer, cela avait représenté l'épreuve la plus tragique de toute sa vie: finitude et inutilité. 

Ma vision de la maternité est très paradoxale: à la fois, de manière enfantine, je vois mon avenir en mère de famille, façon Cendrillon trois ans après la rencontre du Prince. Et d'un autre côté, je nourris à l'égard de la maternité une incrédulité similaire à celle ressentie pour l'agrégation: je ne me vois pas réussir à décrocher ce trophée-là. J'ai le sentiment absurde de ne pas le mériter. Comme si ces choses-là se décidaient au mérite.

Je pense qu'objectivement, si je ne fais pas d'enfants, une partie de moi ne sera jamais comblée. D'un autre côté, ma vie m'a tellement frustrée que la raison pour laquelle je recule sans cesse l'âge de faire des enfants, c'est que je ressens en permanence le besoin de compenser cette frustration par des activités égoïstes qui m'apportent un épanouissement fugace, comme les voyages en solitaire. J'ai peur que le fait de faire des enfants accroisse ce sentiment de frustration en supprimant ma liberté. J'ai aussi très peur de ne pas avoir assez de santé pour réussir physiquement à m'occuper d'un enfant. Voire de plusieurs car je n'ai jamais voulu d'enfant unique - chose que le passage des années m'amène parfois à reconsidérer. Est-il bizarre que je n'envisage même pas que les enfants puissent révolutionner ma vie au point que je ne ressente plus cette frustration?

Une chose m'apparaît toutefois clairement: si faire des enfants est un besoin existentiel, ce n'est pas réellement à trente ans que ce besoin est le plus fort. Parce qu'à cet âge, on a des amis, des sorties, des ambitions, des occupations, un avenir encore devant nous...

En revanche, à cinquante ans, sans enfant, la vie se vide. Les amis sont encroûtés dans le pâté de leurs cellules familiales respectives et, dans mon cas, je sais qu'à cinquante ans, il ne me restera peut-être plus un seul membre de ma famille vivant, puisqu'il ne me reste actuellement plus que trois personnes, ma mère, ma tante et mon cousin, et que les deux derniers ont 80 ans (pourvu que je me trompe et que la vie leur soit longue et la santé clémente!). Et si mon espérance de vie est conforme à celle des femmes, à 50 ans, il me restera 30 ans à vieillir en solitaire. Cette pensée n'est vraiment pas de nature à me réjouir. Certes, autour de moi, plusieurs de mes amies ont manqué, volontairement ou non, le train de la maternité, et nous pourrions ainsi continuer de tisser entre nous les liens de la famille du coeur que la vie ne nous aurait pas accordée, mais est-ce là un avenir suffisant à mes yeux? Je ne pense pas. 

J'ai eu sous les yeux les exemples contradictoires de mes deux marraines. L'une, Giulia, Prima Ballerina de la Scala de Milan, femme bonne et chaleureuse, fut la maîtresse pendant trente ans d'un homme marié qui vécut une double vie. Elle me confia peu de temps avant sa mort que si elle avait pu changer quelque chose à sa vie, elle aurait voulu fonder une famille. Peut-être était-ce d'ailleurs un message à mon encontre alors que j'avais déjà trente ans. J'ai du moins été sa fille de coeur. C'est elle qui s'était proclamée ma marraine à mon baptême alors que j'avais déjà une marraine, et comme souvent dans les familles du coeur, elle a été jusqu'au bout ce qu'elle avait promis d'être alors que ma vraie marraine avait disparu de la circulation depuis mes quinze ans. Giulia aurait sans doute d'ailleurs été particulièrement fière de mon agrégation. 

Ma marraine de l'état civil, elle, n'a jamais fait d'enfant. Elle vit une vie d'égoïste consommée et a le coeur sec comme une pierre. A titre d'exemple, c'est la seule personne à m'avoir sorti une vacherie en guise de condoléances et à avoir dit qu'elle ne se déplacerait pas pour l'enterrement lorsque je lui ai téléphoné pour lui annoncer la mort de mon père, alors qu'ils avaient été amis et en bons termes toute leur vie. Elle est également la marraine d'un ami d'enfance, et n'a pas non plus témoigné le moindre intérêt pour lui au-delà de son adolescence. Au cours de ma vingtaine, je lui ai de nombreuses fois envoyé des cartes postales de vacances et lancé des invitations qui n'ont jamais reçu de réponse. Je n'ai moi-même été invitée chez elle à dîner qu'une seule fois. Un dîner inoubliable d'ailleurs, qui m'a fait regretter qu'il n'y en ait pas d'autre, car elle est depuis vingt ans la compagne du réalisateur de la série documentaire "Des trains pas comme les autres", un homme passionnant qui a visité presque tous les pays du monde (et qui, pour la petite histoire, n'a débuté à la télévision qu'à l'âge de 37 ans, bel exemple de parcours tardif réussi). Mais pour en revenir à mon propos du jour, le fait de ne pas faire d'enfant ne lui a apparemment jamais pesé: elle a réussi sa vie professionnelle, tenant une grande boutique d'encadrement qui a pignon sur rue, menant une vie très confortable et voyageant sans cesse. Pour autant que je puisse en juger, ne pas faire d'enfant constituait un vrai choix de sa part. C'est sans doute beaucoup mieux ainsi d'ailleurs.

Aux Etats-Unis, ne pas faire d'enfant constitue un choix légitime et respectable, relativement répandu parmi les career women. Je ne réponds pas à la définition classique du terme où l'on se représente plutôt une femme dans le milieu des affaires, mais dans l'esprit, celui de travailler d'arrache-pied à son indépendance matérielle et à son bien-être intellectuel, je colle au cliché. Et c'est aussi la raison pour laquelle je me pose des questions.

D'ici deux semaines, les postes ouverts en Fac vont être publiés au Bulletin Officiel, et je vais me battre pour y décrocher un poste de Professeur Agrégé. Sachant qu'il n'y aura qu'une quinzaine de postes sur la région parisienne, ce n'est pas gagné d'avance. Et si j'en décroche un, je ne vais pas m'arrêter là. Mon plan de carrière après cela, c'est un poste de Maître de Conférences (pour lequel il faut un doctorat, donc j'en prends encore pour quatre ans) et ensuite un poste de Professeur Habilité à Diriger des Recherches (ce qui suppose une thèse d'habilitation, à laquelle on n'a accès en sciences humaines qu'après une trentaine de publications dans des revues scientifiques de colloques et un livre publié; la thèse d'habilitation prend un an).

Pourquoi cette progression envisagée? Parce qu'en tant que PRAG (Professeur Agrégé détaché dans l'Enseignement Supérieur), j'aurai une lourde charge de cours de 15 heures hebdomadaires (ce qui est ridicule car c'est le même nombre d'heures qu'au lycée alors que préparer un cours de Fac demande 2 à 3 fois plus de temps - et pour le même salaire!!) et que ce ne sera que le moins intéressant, à savoir des cours d'anglais "non spécialiste", parce que les cours de littérature et de civilisation "de spécialité" (les plus intéressants) sont principalement accaparés par les Maîtres de Conférences. Je pourrais également m'arrêter au titre de Maître de Conférences (avec une charge moyenne de 7h30 de cours hebdomadaires + des engagements de recherche), mais au fond, quand on en est arrivé là, il n'y a qu'un petit pas supplémentaire pour devenir Professeur des Universités avec un salaire plus confortable. Et puis, à terme, cela me plairait de diriger des thèses, c'est passionnant. Tout ça pour dire que ma route est loin d'être achevée (c'est à la fois épuisant et très motivant) et que je pourrai m'estimer très heureuse si je parviens à finir ma thèse et décrocher un poste de Maître de Conférences pour mes quarante ans. Et les bébés dans tout cela? Et le peu de temps que cela va me laisser pour sortir et rencontrer des hommes?

D'ailleurs, soit dit en passant, il me vient avec l'âge une forme de flemme à l'encontre des hommes. Parfois, je me dis "tout ça pour ça", "à quoi bon", "pfff, faut que je perde cinq kilos pour rencontrer un mec? La barbe" et toute cette sorte de choses. Et je suis bien contente d'être peinarde chez moi.

Et puis ça me reprend, je me dis que je suis en train de passer les plus belles années de ma maturité sexuelle à être relativement célibataire.

Ensuite, je me dis que si j'étais riche, j'irais bien me faire prélever et congeler des ovules aux Etats-Unis avant qu'il ne soit trop tard, comme ça j'arrêterais une bonne fois pour toutes de me torturer avec ces histoires-là.

Et puis après, je me dis que si je n'ai pas d'enfants et plus de famille, j'irai passer ma retraite en Thaïlande où les personnes âgées sont vénérées et traitées avec respect et sont prises en charge par les jeunes qui ne les laissent pas seules. Et j'adopterai plein d'enfants asiatiques au pays du sourire où je serai une mamie gâteau accomplie. 

Avec tout ça, je n'ai toujours pas mis les pieds chez le coiffeur.

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27 octobre 2009

Marie-Madeleine

Le problème avec le rouge, c'est que c'est la couleur capillaire qui a le moins de longévité. Et ça fait des sacrées racines au bout de deux mois (mes cheveux poussent vite). J'ai envie d'aller chez le coiffeur demain.

Alors la question du jour, c'est: demain, je fais encore plus rouge, ou un joli brun auburn façon Eva Longoria dans la pub qui le vaut bien? 

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Marie-Madeleine en extase au pied de la croix par Guido Reni (1628-29)

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C'était le prétexte rêvé pour vous faire découvrir en vrac ma passion inconditionnelle pour la peinture Renaissance (et les vanités). Au Louvre, c'est de loin mon étage préféré...

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30 janvier 2009

C'est fou Youtube...

C'est que ça en fait des souvenirs...

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21 janvier 2009

For BD's a jolly good fellow

Incroyable mais vrai, le blog fête ses quatre ans d'existence aujourd'hui... et moi mes trente-cinq.

Quand j'ai appelé Yannou tout à l'heure, il m'a dit qu'il était en retard pour aller se pacser. Alors voilà, au lieu de deux événements à fêter le 21 (ou plutôt trois, puisqu'il y a aussi l'anniversaire de ma mère étant donné que nous sommes nées le même jour), eh bien, il y aura désormais quatre raisons de célébrer le 21 janvier.

Ah, et puis, j'allais oublier la naissance du King (Martin Luther, pas Elvis, hein). Et l'investiture J+1 d'Obama. Et la fin de la monarchie. Et, et, et...

En fait, aujourd'hui, il y a plein de raisons d'être heureux. 

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24 décembre 2008

It's Christmas time again

Alors, Merry Christmas à tous et plein de bonheur pour les fêtes. Meilleurs voeux pour que 2009 commence du bon pied!

Love from BD

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19 août 2008

Blue Hotel

Long silence depuis deux mois. Je n'avais rien à dire. Mon existence neutre ne me suscitait aucune envie d'écrire, j'avais la plume sèche.

L'inspiration m'est revenue en voyant Sagan, où Sylvie Testud excelle à restituer Françoise. Il y a quelques années, je l'avais photographiée. J'en avais tiré un portrait en particulier, en noir et blanc, dont je suis très fière. J'avais soif de connaître sa vie, qui m'a d'ailleurs en de nombreux points évoquée celle du Castor, Simone de Beauvoir.

Ces deux heures cinématographiques m'ont laissée songeuse, certaines phrases de sa main ayant trouvé une résonance inattendue en moi.

Depuis janvier de cette année, je m'exerce à lâcher prise: de mes désirs professionnels, d'une certaine conception candide de la vie où les rêves de toujours ont une place pour se réaliser, d'une manière d'envisager les rapports humains. Je m'affranchis des dépendances affectives héritées de l'enfance.

C'était une décision contrainte, mais j'ai fait le choix de ne pas la combattre vainement: peut-être était-il temps.

Alors que l'idée que je me faisais de mon avenir recelait mille promesses, j'ai échoué à accoucher du moi-même que je souhaitais plus que tout. Une porte s'est fermée.

Aujourd'hui, je chemine sans entrain vers un avenir beaucoup plus certain, plus accessible, plus matérialiste, tellement moins fécond en promesses. Mais je marche.

Je veux au moins réussir cela.

La seule chose qui me permette d'avancer ainsi, c'est cet espoir naïf que d'autres portes s'ouvriront qui me feront oublier celle que j'ai scellée. L'espoir intangible que l'avenir recèle un bonheur tangible. L'espoir fou que la déviation que j'emprunte aujourd'hui bifurque un jour au point de recroiser la voie que je m'étais tracée. Je ne peux me dessaisir de cette candeur-là.

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08 février 2008

Alice in Babyland

Cette journée ne ressemblait à aucune autre.

Le matin, j'avais rendez-vous chez la gynécologue pour la révision des 10.000. Je ne sais pas trop bien ce qui m'a pris, mais, pour l'absolue première fois, je me suis prise à la questionner concrètement sur la maternité. Quelles étaient mes chances de fertilité si j'attendais la "dernière minute" pour faire un enfant, à la frontière de la quarantaine, toute cette sorte de choses. Les réponses étaient relativement conformes à ce que j'attendais. Oui, on est moins fertile, mais tomber enceinte est une loterie, certaines peinent pendant deux ans à vingt ans, alors que l'une de ses patientes vient de faire ses trois premiers enfants entre 42 et 47 ans.

Si des difficultés sont rencontrées, l'âge limite pour "stimuler" une grossesse est fixé à 43 ans: après, les résultats s'avèrent relativement inefficaces. Il est jugé normal de tomber enceinte sous un an; au-delà, il faut commencer des examens pour voir à quel niveau se situe un éventuel problème. Donc, globalement, la dernière limite pour arrêter la pilule, c'est 41 ans. Et comme je ne songe pas à faire un enfant avec un parfait inconnu au bout de trois mois de couple, que je pense qu'il faut au minimum un délai d'un an et demi, voire deux ans, pour se sentir un peu certains de ce que l'on souhaite ensemble, cela voudrait dire qu'il faudrait que le père de mes enfants me tombe tout cuit dans les bras aux alentours de 38-39 ans. Que voilà une notion terrifiante: il me reste quatre ans.

Quatre ans pour réaliser mes rêves de célibataire, m'essayer au reportage de guerre (je me vois mal le faire avec un enfant), m'abreuver de liberté jusqu'à plus soif pour un moment. C'est vite passé quatre ans, quand on y pense. Est-ce que j'aurai fait le quart de ce que je souhaite d'ici là? Qui sait.

Parfois je redoute de ne pas être faite pour la vie de couple. Après tout, mon record relationnel est d'un an et demi, et j'avais vingt ans... En même temps, il suffirait d'une rencontre pour renverser la statistique.

J'ai l'esprit rempli de sourires baveux je-fais-mes-dents et de hurlements donne-moi-ma-girafe-en-plastique-sinon-je-te-vrille-les
-tympans-et-tu-seras-sourde-pour-deux-jours. J'ai passé l'après-midi chez mon amie Caro, qui vient d'accoucher il y a quinze jours de son deuxième garçon. Une journée thématique, si l'on peut dire.

Globalement, je trouve que mes amis font des parents assez stressés (est-ce le lot des parents modernes? Je ne crois pas que nos parents étaient ainsi). Et leurs enfants ne leur facilitent pas la tâche. Junior de 16 mois est un vrai boyscout: là où il passe, toute chose trépasse. Depuis qu'il a compris que tous ses jouets constituaient des projectiles intéressants... je vous laisse imaginer la suite. J'aime bien son côté p'tit mec qui fait pas dans la dentelle. Il y avait une clémentine sur la table, il a mordu direct dedans avec la peau et tout et tout. Il l'a mangée sans hésiter, jusqu'au moment où il a compris que le zest, ça pique la bouche. Là, il a tout recraché sur lui et s'est mis à brailler. Ca faisait une coulée orange sur son bavoir, façon lave en fusion avec scories. J'ai un peu de mal avec les vociférations des enfants. C'est ça d'avoir été élevée dans le silence.

J'ai de l'admiration pour le côté nature de Caro. Son premier réflexe en voyant Junior manger la clémentine avec la peau, ça a été, "tu sais, son beau-père fait pareil". Désinvolte et cool, totalement géniale. Comparez et contrastez avec mon amie Béa qui interdit à sa fille de manger les pommes avec la peau à cause des pesticides. Moi, au pensionnat en Angleterre, on me forçait à manger la peau parce que c'est ce qui contient le plus de fibres et de nutriments (paraît-il). D'ailleurs, je mange les peaux comestibles de tous les légumes. Ca tombe bien parce que, de toutes façons, pesticides ou non, j'aurais trop la flemme de les éplucher. Et oui, l'un de mes plats british préférés, en dehors des baked beans on toast sur le ferry Calais-Douvres au milieu de la nuit, ce sont les potato skins que l'on achète avec moultes sauces grossissantes dans les fourgonettes fast-food à Londres et que l'on retrouve dans certains restaurants Tex-Mex parisiens.

J'ai bien aimé aussi le "je ne ménage pas mon fils" assez sain de Caro. Parfois, vous voyez des mamans hystériques au square qui font un drame parce que leur enfant s'est égratigné le genou. Caro, elle, m'a dit en riant, "tu sais, Junior, il est super intrépide, une vraie terreur, il se prend tout le temps des beignes, il voudrait sauter depuis le haut du toboggan." Ce dont je n'ai pas manqué de m'apercevoir lorsque Caro l'a rattrapé in extremis alors qu'il s'apprêtait à se jeter à pieds joints d'un mètre de haut. Et quand il a sauté une marche de quarante centimètres et s'est ramassé dans l'herbe, il n'a pas moufté: pas un cri, pas une larme. Caro, très nature, lui a dit, "C'est normal que tu tombes si tu fais ça" et lui a montré comment descendre la marche en crapahutant à quatre pattes. Du haut de ses seize mois, il a pigé tout de suite et est remonté de plus belle. 

Mon moment préféré, c'est quand j'ai joué la maman Bobo-kangourou-ethnique avec le tout petit. Une large écharpe, un bébé savamment emmitouflé dans un pli, deux croisillons, deux noeuds dans le dos et, hop, presto, une maman kangourou par intérim (moi). J'ai ainsi pu vérifier, fière comme Artaban, qu'un bébé langé serré cesse immédiatement de pleurer, que vous pouvez lui écrabouiller la tête entre vos seins et qu'il parvient quand même à respirer sans problème (et que, la crapule, il aime ça), et que vous n'avez pas intérêt à arrêter de marcher, osciller, vibrer, tapoter, sinon les hurlements reprennent illico.

Mon amie m'a photographiée au cours de l'exercice - qui a quand même duré deux bonnes heures jusqu'à ce que je sente poindre un sévère mal de dos à la fin de la ballade. On se trouvait très bien tous les deux, on se tenait chaud, on s'imbriquait parfaitement. J'avais l'impression d'être un personnage des Saisons de Maurice Pons, avec mon petit mammifère contre le ventre pour faire fi de l'hiver.

Je n'ai pas changé brusquement aujourd'hui. Mes hormones ne se sont pas mises à tourner en circuit fermé. C'est juste qu'au lieu de repousser la maternité aux calendes grecques, aux frontières de mon subconscient, j'ai décidé de lui laisser se frayer une place dans ma vie; je lui ai accordé une tangibilité dans mon avenir. A mon grand étonnement, cette journée m'a emplie de sérénité, comme si j'avais rencontré la Femme essentielle qui sommeillait profondément en moi.

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30 janvier 2008

Thirty something vs. twenty something

Un épisode de Sex and the City m'a fait m'interroger sur ce que la trentaine pouvait avoir de supérieur à la vingtaine. Et j'ai trouvé! Alors voici dix raisons de rassurer les plus jeunes de mes lecteurs sur le passage de ce cap.

  1. La vie des trentenaires n'est pas plus parfaite, mais à trente ans, on est nettement mieux dans ma tête.
  2. On sait aussi beaucoup plus rapidement ce que l'on veut. Et par extension, ce qui vous va dans un magasin. Finies les longues heures d'essayages infructueux, vous foncez direct vers la taille adaptée, la bonne couleur et la forme idoine. Vous avez découvert ce qui vous mettait en valeur. Ca marche aussi pour les coiffures hideuses, les jobs ineptes, et deux ou trois modes que vous préféreriez oublier.
  3. Par extension, ça s'applique aussi aux hommes. Ce n'est pas qu'on est plus douées pour les choisir, c'est juste qu'on est lucide plus rapidement quand on s'est trompées. Et parfois, même, on ne se trompe pas deux fois.
  4. Quand vous téléphonez à vos amis, vous ne tombez plus sur leurs parents. En revanche, vous n'êtes pas à l'abri de tomber sur leurs enfants.
  5. Les rides, c'est sexy. Suffit de voir les têtes de monstres de Catherine Deneuve, Juliette Greco et Liza Minnelli depuis qu'elles se les sont faites retirer, retirer, retirer, retirer, retirer. Bon sang, mesdames, vous étiez si jolies, vous auriez fait de si vénérables femmes mûres, qu'est-ce qui vous a pris? Whatever happened to ageing gracefully?
  6. Les hommes de votre entourage ont appris à se servir d'un micro-ondes, parfois même d'une casserole. Quelques cas isolés maîtrisent le coq au vin. D'autres, moins isolés, se contentent de le déguster.
  7. Au lit, c'est incomparablement mieux. C'est toute la différence entre "sortir avec des garçons" et faire l'amour à des hommes. Entre "avoir un petit copain" et prendre un amant. Le champ sémantique s'élargit avec la décennie, proportionnellement à votre imagination et à l'horizon de vos possibles.
  8. Il y a dix ans, on s'éparpillait dans le superficiel; aujourd'hui, on vise l'essentiel. Avec sagesse.
  9. C'est vrai que maintenant on met une semaine à se remettre d'une nuit blanche, alors qu'à dix-huit ans, on en encaissait deux ou trois d'affilée sans trop sourciller. Mais on n'en apprécie que mieux son lit douillet. Surtout quand on s'est payé le roi des matelas.
  10. A vingt ans, on est persuadé qu'on peut être amis avec tout le monde; à trente, on se sait chanceux d'avoir ne serait-ce qu'une poignée d'amis loyaux.

Ca ne vous donne pas envie de prendre de la bouteille tout ça? Dans six ans, promis, je rempile et je vous dis tout ce qui est mieux sur la quarantaine. A moins qu'un lecteur ne veuille s'y coller? A bon entendeur...

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