18 juin 2008
Les Insoumises
Blogdifferent vous invite à une expo, virtuelle sur FlickR pour ceux qui ont mal aux jambes ou bien réelle, à la merveilleusement pittoresque Galerie Lumière des Roses:
Lumière des Roses
Photographies des 19e et 20e siècles. Amateurs, Anonymes et Autres images.
12-14 rue Jean-Jacques Rousseau
93100 Montreuil. Métro Bérault (l.1). Tel 01 48 70 02 02.
contact@lumieredesroses.com - blog de la galerie: www.lumieredesroses.com
De quelle expo parlé-je? De celle-ci, que vous pourrez également admirer aux Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles du 8 au 13 juillet 2008:
Les Insoumises

Photographie Serge Levitski, vers 1860.
Collection particulière
CRUCH Emma, dite CORA PEARL (1837-1886)
Un regard sous les dessous du Second Empire.
On les appelle cocottes, biches, lorettes ou demi-mondaines, mais elles sont avant tout des Insoumises. Elles vivent ostensiblement de leurs charmes, croquent la fortune des hommes, défraient souvent la chronique par leurs mœurs tapageuses, leur goût du luxe ou le titre princier de leurs amants.
L’époque est à la frivolité. Cependant, dès 1860, l’empereur Napoléon III crée une police des Mœurs chargée de surveiller ces intrigantes qui échappent à « l’encartage » réglementant alors le commerce de la galanterie. Les officiers de police consignent leurs faits et pratiques dans le registre BB/1, établissant une fiche pour chacune d’elles, accompagnée, quand il existe, d’un portrait photographique. Car la photographie a tout de suite trouvé sa place dans cette affaire, à la fois pièce d’identification pour la police et publicité pour ces dames. La « carte de visite », petit portrait photographique que l’on s’échange dans les milieux mondains, vient juste d’être inventée par Eugène Disdéri. Les courtisanes affluent chez les photographes de renom. Leurs portraits prolifèrent dans la vitrine des studios ou à la devanture des kiosques. Pour quelques francs, amateurs, entreteneurs ou policiers pourront les acquérir.
Entre photographies de salon et enquêtes policières, deux regards se croisent.
L’exposition présente les portraits des courtisanes les plus célèbres, accompagnés d’extraits de leurs fiches de police.
13 septembre 2007
C'est la lutte finale
Ca y est, j'ai triomphé des 29 expositions de Visa pour l'Image!
Mes expos préférées: Mickael Subotzky sur les prisons africaines (25 ans, vient d'entrer à Magnum), Jonas Bendiksen, mon favori absolu de l'année (a intégré Magnum en 2006, pas bien vieux non plus mais d'une maturité étonnante et déjà un World Press en poche, voir son livre Satellites qui vient de sortir, remarquable travail) sur les relogements à Dharavi, favela de Bombay; Véronique de Viguerie pour ses années d'Afghanistan (approximativement 27 ans et le Prix Canon de la Femme Photojournaliste 2006), également une fabuleuse rencontre avec les mondes sous-marins arctiques en péril (Paul Nicklen pour National Geographic - son site officiel ici), les huit années de travail courageux de Lizzie Sadin sur les conditions de détention des enfants à travers les prisons de dix pays, le reportage de Samuel Bollendorff sur les "mingongs", les ouvriers migrants chinois sans statut. Mention spéciale à la rétrospective Dennis Stock (aussi de Magnum, mais catégorie vétéran, et avec qui j'ai eu le plaisir de discuter).
Comme l'an passé, cette année
aura été un cru exceptionnel en termes d'expositions.
Bon, je saute dans le train et j'arrive!
18 juin 2007
Lector in fabula
Je recommande à votre lecture le site Périphéries, rédigé par des journalistes qui méditent sur notre réalité quotidienne et politique.
Plus particulièrement, l'article pertinent de Mona Chollet, "Rêver contre soi-même", qui a trouvé un bel écho à mon humeur ce matin.
Je songe à investir dans son essai La tyrannie de la réalité qui a reçu de fort belles critiques.
Humeur du jour: Dreams are my reality.
Questionnement du jour: Militer?

13 juin 2006
"Planète Mers"
Sur les grilles du Luxembourg ces jours-ci, ne manquez sous aucun prétexte la formidable exposition des photos de Laurent BALLESTA.
Photos au flash sous marines (et souvent en macro), bouilles incroyables de poissons, couleurs à couper le souffle.
Venez découvrir la plume de mer, le patibulaire poisson-pierre vert (surnommé gazon maudit), la grâce du dragon de mer feuillu, les crevettes dentistes, ou encore l'inoubliable trogne de la fausse blennie barbue...
Après votre passage, vous n'ignorerez plus rien des stratégies de défense des poissons diagrammes, du sang antigel du dragon rouge de l'Antarctique, ni de l'étreinte que l'étoile de mer tournesol (géante) réserve à son plongeur favori...
Vous trouverez également réponse à quelques interrogations cruciales:
- le gorgonocéphale de Méditerranée (photographié par 95 mètres de fond): plante ou mollusque?
- la porcelaine bulle bordée: un nouveau médicament?
Venez vous promener sous le regard inquiet du poisson velours, laissez-vous emporter par la luminescente crevette améthyste (toute en transparence... ma préférée, ci-dessous)!

A consommer sans la moindre retenue, du 1er mai au 30 juillet 2006, 24h sur 24, 7 jours sur 7.
Et pour ceux qui ne peuvent, le livre éponyme, à mettre entre toutes les mains (c'est nouveau, Blogdifferent s'occupe désormais de votre shopping de Noël...):

Bonne promenade.
11 juillet 2005
Je fais parfois ce rêve étrange et pénétrant...
(photo copyright: blogdifferent)
Cette nuit, il pleuvait, la marée était haute,
Un brouillard lourd et gris couvrait toute la côte,
Les brisants aboyaient comme des chiens, le flot
Aux pleurs du ciel profond joignait son noir sanglot,
L'infini secouait et mêlait dans son urne
Les sombres tournoiements de l'abîme nocturne ;
Les bouches de la nuit semblaient rugir dans l'air.
J'entendais le canon d'alarme sur la mer.
Des marins en détresse appelaient à leur aide.
Dans l'ombre où la rafale aux rafales succède,
Sans pilote, sans mât, sans ancre, sans abri,
Quelque vaisseau perdu jetait son dernier cri.
Je sortis. Une vieille, en passant effarée,
Me dit : – il a péri. C'est un chasse-marée.
Je courus à la grève et ne vis qu'un linceul
De brouillard et de nuit, et l'horreur, et moi seul ;
Et la vague, dressant sa tête sur l'abîme,
Comme pour éloigner un témoin de son crime,
Furieuse, se mit à hurler après moi.
Victor Hugo, Les Châtiments, VII
Jersey, avril 1853
- Mon poème préféré entre tous -
02 juin 2005
"Blame Canada"
Sur fond de la délectable chanson tirée du film South Park, je voudrais rendre un hommage particulier au Canada. D'abord parce que, même si je confesse n'avoir jamais mis les pieds au pays des chiens-chauds (hot dogs) et des poutines (un plat local à base de patates), je n'en suis pas moins fière comme Artaban de pouvoir dire que précisément huit membres de ma famille proche (ma tante, ses deux fils -mes cousins germains, leurs épouses, et trois jeunes garçons, mes cousins issus de germain) y résident. Classe, non?
Et puis parce qu'en rentrant de sa visite à la famille au Québec, où elle a même fait une promenade en chiens de traîneau (je suis blême d'envie), ma chère maman m'a ramené un panier gourmand d'exception canadienne.
Le contenu du panier :
- Une boîte de conserve de 540 ml de "Québec Pure Maple Syrup" (demain, je me mets aux pancakes, c'est juré)
- De la tisane à l'érable
- Des bonbons à l'érable
- Des noix de pécan glacées au sirop d'érable
- De la gelée à l'érable
- Du beurre d'érable pur (délicieux sur des rôties, craquelins ou biscuits chauds)
- De la vinaigrette à l'érable et aux fines herbes sauvages
- Du caramel d'érable
- De la moutarde d'érable et cidre de l'île d'Orléans
- De la confiture de bleuets au sirop d'érable de l'île d'Orléans
Bon, jusque-là, vous me direz, c'est un peu monothématique. Le tout, c'est de ne pas s'intoxiquer au sirop d'érable. Mais je m'égare. Poursuivons le contenu du panier:
- De la confiture de bleuet au gingembre
- Des boutons de marguerites au vinaigre / ox-eye daisy capers de chez Gourmet Sauvage (ça ressemble à des câpres)
Sympa la cuisine aux fleurs, j'adore. Bon, là, ça se corse:
- Des gousses d'asclépiades marinées de chez Gourmet Sauvage (Kézako les asclépiades? A première vue, un genre de cornichon en forme de gousse d'ail). La traduction anglaise n'aide pas franchement: "Pickled Milkweed pods". Ce qui donne, littéralement, "Cosses de mauvaises herbes de lait au vinaigre". J'aime la nourriture qui défie l'entendement. Cette alimentation-puzzle est décidément très excitante.
- De la sauce au carcajou / Crinkleroot sauce (Hein, quoi??? Bon, là, je sèche lamentablement. Root c'est racine, et crinkle c'est froisser, chiffonner. Ben me voilà vachement fixée. Et c'est une pâte blanche épaisse. Je devine que ça doit avoir une sorte d'effet raifort). J'adore le slogan sur l'étiquette: "L'arôme des bois, le goût de la nature". [Ajout ultérieur: ça a grosso modo le goût de la mayonnaise, mais ne me demandez pas ce qu'il y a dedans, ni le rapport avec les bois, parce qu'a priori, la mayonnaise ça n'a pas le goût de la forêt! Et si ce sont des racines broyées comme semble le suggérer le nom, je suis ébahie que ça ait ce goût-là.]
- De la confiture d'atocas sauvages et vin rouge de chez L'Ungava Gourmande. Première question: ça existe les atocas apprivoisés? Je comprends pas trop, parce qu'en dessous du titre, il y a des caractères étranges qui semblent vouloir dire la même chose. Une transcription d'indigènes locaux??? L'Ungava, je présume que c'est un lieu géographique. Peut-être à proximité du bled de production indiqué au bas de l'étiquette, Chibougamau. Mais où vont-ils pêcher des noms pareils? T'habites où? Chibougamau, et toi? Paris. L'étiquette suggère plus bas: "Cette confiture est délicieuse au déjeuner et avec les fromages fins. En coulis, elle accompagne bien la volaille". Une sorte de baie sauvage locale, donc, genre airelles. D'ailleurs, en parlant d'airelles:
- De la tisane d'airelles / cranberry.
- De la confiture de cerises de terre. Koââââ?? Stupéfiant. Bon, encore une sorte de cornichon à en croire la photo de ces machins oblongs verts qui poussent en terre. Je ne sais pas vous, mais moi les cornichons ne m'ont jamais fait penser à des cerises. Les Canadiens n'ont pas l'esprit étriqué, ils savent repousser les limites du monde apparent.
- Du relish au concombre (c'est quoi cette obsession des cucurbitacées au Canada??). Le Relish me fait toujours penser à l'Angleterre...
- Du confit de poivron rouge (Maman, que vient faire cette banalité au milieu de mon panier d'exception culturelle?! Une faute de goût, excusez-la. On ne lui en veut pas, c'est très bon le confit de poivrons...!)
- Du pâté de l'Arctique aux champignons (je te reconnais mieux là, Maman). 100% viande de Caribou du Nunavik (Encore une région obscure? Lieu de production: Kuujjuaq. Ca se passe de commentaire). Une autre traduction en pictogrammes/phonogrammes/idéogrammes locaux. J'apprends la géographie du Québec: l'Ungava et le Nunavik doivent être du même côté.
- Des coeurs de quenouilles / cattail hearts (Des coeurs de queues de chat? Hein???). Là je suis carrément mystifiée parce que pour moi la quenouille, ça m'a toujours évoqué la Belle au Bois Dormant de Charles Perrault: " 'La Princesse se percera la main d'un fuseau ; mais au lieu d'en mourir elle tombera seulement dans un profond sommeil qui durera cent ans, au bout desquels le fils d'un Roi viendra la réveiller.' Le Roi, pour tâcher d'éviter le malheur annoncé par la vieille, fit publier aussitôt un édit, par lequel il défendait à toutes personnes de filer au fuseau, ni d'avoir des fuseaux chez soi sur peine de la vie. Au bout de quinze ou seize ans, le Roi et la Reine étant allés à une de leurs Maisons de plaisance, il arriva que la jeune Princesse courant un jour dans le Château, et montant de chambre en chambre, alla jusqu'au haut d'un donjon dans un petit galetas, où une bonne Vieille était seule à filer sa quenouille." Bref, elle se pique sur la quenouille, et elle pionce pendant cent ans. Bon débarras. En attendant, les coeurs de quenouille ressemblent un peu à des blancs d'asperge ou de poireaux, en plus fins.
- J'ai gardé mon préféré pour la fin: Spike Assaisonnement Instantané, "Une excitante expérience culinaire, Spike donne du zest à tous les aliments. 39 ingrédients sont nécessaires pour créer cette magie de saveur. Spike de Gayelord Hauser est un favori des grands chefs internationaux et des fins gourmets". Parmi les ingrédients inhabituels, j'ai recensé: de la levure spéciale cultivée sur de la mélasse noire, de la poudre d'orange, de la farine de soja, de la poudre de feuille de céleri, de la poudre de racine de céleri, du varech du Pacifique, du cari indien, du poivron blanc (je ne savais même pas que cela existait), du raifort, de la pelure de citron et d'orange, de la sariette, de la farine de moutarde, du piment, des flocons de persil, des champignons, du safran, du tarragon, de l'églantier, de la poudre d'épinard, du paprika hongrois (qu'est-ce qu'il a de plus que les autres?), de l'origan grec (tout ça, c'est pour faire exotique), de la marjolaine, de la poudre de tomates. Ils n'ont pas tort, si avec tout ça vous cuisinez fade, c'est que vous n'êtes vraiment pas doués. Et la touche finale: "La saveur unique de Spike fait d'un repas une expérience inoubliable. Ayez la conscience tranquille en utilisant Spike. Il donne une saveur superbe, et pas de calories si détestables." C'est là que quand même on s'aperçoit de l'inquiétante proximité des Etats-Unis... En attendant, moi, Spike, ça m'évoque plutôt ça:
Bon, allez, salut les petits clous, le pâté de caribou m'appelle avec ses bois majestueux. Je vous laisse en compagnie du dragon-origami que mon petit cousin Vincent a fait pour moi de ses blanches mains très douées.
(excepté celle de Spike par 20th Century Fox, toutes photos, copyright: blogdifferent)




