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04 février 2013

L'écume des jours

Il y a longtemps que le besoin de changement monte en moi.

Au départ, je le ressentais comme une nécessité imposée, mal digérée, car venue d'autrui, perçue comme injuste. Oui, je reste volontairement elliptique.  

Depuis un an et demi, qui correspond à une certaine désaffection de ce blog, j'ai fait beaucoup de chemin mental en avant. J'ai également marché à reculons, profondément régressé dans certains domaines. 

Peu importe. Le constat en cet instant précis, le constat depuis trois semaines, c'est que ma vie m'est insupportable en l'état. Et qu'il m'est impossible de continuer ainsi. Notamment parce que cette sensation contamine progressivement tous les aspects de ma vie. 

Je ne sais pas quand ça a commencé. Mon nouveau job? L'enlisement dans la thèse? La désertion de certains de mes amis? Le célibat relativement chronique depuis quelques années, ou plutôt les rencontres toutes plus décevantes les unes que les autres au point que je me demande s'il me reste encore un coeur dans ma poitrine à briser et à décevoir tant je n'en perçois plus que des morceaux épars? Ma vie est si loin de ce que j'avais imaginé qu'elle serait, si décevante à bien des égards. Si cruelle et solitaire.

Constat n°1: je n'ai jamais été aussi seule.

Constat n°2: je suis terrassée par la peur que la famille que je veux fonder, qui est le plus grand de tous mes rêves, mon Graal sacré, pour remplacer cette famille que je n'ai pas eue, je sens que cette possibilité d'une famille recule de plus en plus et qu'il est réellement possible que je finisse mes jours sans famille ni enfant. 

Constat n°3: je réalise que certaines personnes ne rencontrent jamais l'amour de leur vie, et qu'il est possible que le destin veuille que je sois de celles-là. 

Constat n°4: ma vie sociale ne m'a jamais parue aussi désespérément aride, vide.

Constat n°5: je commence à ressentir un inquiétant sentiment d'orphelinat lorsque je finis l'intégrale d'une série tv et que je dois me séparer de ses personnages, ô combien dangereusement familiers.

Constat n°6: j'ai emménagé dans un trois pièces pour y créer de la vie, des réceptions, des dîners. Pour mon anniversaire, j'ai invité 39 personnes. 12 sont venues. A chaque fois que des personnes viennent dans mon nouveau chez moi (situé, je le précise, à 300 mètres de Paris), elles ne cessent de se plaindre et de me répéter que je vis au bout du monde et que c'est terriblement loin et compliqué de venir chez moi (dans la réalité des faits, je suis à 15 minutes porte à porte de Châtelet en transports en commun, alors que lorsque j'habitais le 20ème arrondissement, j'étais à 30 minutes). 

Constat n°7: même si j'ai désormais un travail confortable et qui me plaît relativement (je dis "relativement" non par rapport à ce travail en lui-même, mais par rapport au journalisme, qui a toujours été mon premier choix), même si j'ai un appartement spacieux (comparé à mon précédent studio) dans lequel il fait sérieusement bon vivre, même si j'ai opéré des changements immenses dans ma vie dans ces deux domaines, en ce moment, je me sens dépeuplée et vaincue. Si profondément et radicalement désenchantée que je n'arrive plus à croire que quelque chose de bien puisse m'arriver sur le plan humain. 

Constat n°8: la thèse accroît mon mal-être. Par un mélange oppressant d'auto-culpabilisation, d'auto-dépréciation, et le sentiment que je n'ai jamais eu aussi peu confiance en moi. 

Constat n°9: je me noie dans la configuration actuelle de ma vie. Il faut que j'opère un changement radical avant qu'il ne soit trop tard pour remettre de la vie dans ma vie, trop tard biologiquement pour faire un enfant, trop tard pour réenchanter mon quotidien, trop tard pour me prouver que ma vie peut être différente de ce qu'elle est actuellement. 

Et parce qu'au fin fond de moi, la battante se débat, parce que personne ne m'aidera mieux que moi-même, j'ai décidé de me retrousser les manches. Je sais que le parcours qui m'attend est tout sauf aisé, que les mauvaises habitudes et la procrastination en mode blues rôdent sans merci, mais je veux croire que c'est encore possible. Je veux croire qu'en travaillant l'idée du changement, en l'accueillant, en accomplissant de petites actions, le changement peut réellement venir. 

Canthilde, si tu me lis, je n'ai jamais répondu à ton long mail privé il y a un an et demi. Pourquoi? Parce que je n'ai cessé d'y penser, de méditer sur certaines choses que tu y disais, et que tant que je n'avais pas fini d'y réfléchir, j'étais incapable d'y répondre. Mais je te remercie infiniment des choses simples que tu y as écrites et qui ont résonné. Tu parlais de nouveaux départs de blogs, d'auto-renouvellement et ton idée a mûri dans ma tête. Ce qui suit est une forme de réponse et j'espère qu'elle te plaira.

Je veux également rendre grâce à une lecture saine et inspirante qui a contribué à ma volonté de changement: il s'agit du blog http://www.raptitude.com/ que je vous recommande sans la moindre modération. Ne serait-ce que pour y lire des choses intelligentes en anglais. 

Alors voilà, en espérant que former des bonnes intentions et réaliser de bons gestes peut transformer une vie qui en a désespérément besoin —la mienne— je donne naissance ce jour à un nouveau blog, distinct de celui-ci car différent par le ton et le projet qui le sous-tendent. Je vous rassure, je n'abandonne pas Blogdifferent pour autant, je sépare juste ce qui a besoin de l'être. 

Je serais honorée que vous me suiviez dans cette nouvelle aventure, cette nouvelle réflexion, ces nouvelles actions. C'est ici:

New Beginnings — http://newbeginnings.canalblog.com/

Une oeuvre en cours, et j'espère que vous m'aiderez à apporter de nouvelles pierres à l'édifice. Vos commentaires et retours me manquent. A très vite.

Posté par blogdifferent à 08:23 PM - Un peu sur moi - Commentaires [0] - Permalien [#]

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