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(Of course, any resemblance to the names, character, or history of any person is coincidental and unintentional...) (Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence...)

14 septembre 2008

Junkie

Coup de cœur:

Source: Oldelaf & Monsieur D (http://www.legrosours.com)

Posté par blogdifferent à 07:21 PM - Mouvement d'humour - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 septembre 2008

Concours

Je cherche désespérément un titre pour un nouveau blog photo que je souhaite créer, parallèlement à celui-ci. Je cogite depuis des jours sans le moindre eurêka. L'idée m'est donc venue d'ouvrir un petit concours, comme cela se fait par exemple sur de nombreux blogs de bande-dessinée.

Le concours:

  • Inventer un titre pour mon blog qui ne soit pas encore utilisé (vérifier sur un site d'hébergeur que le nom du site est disponible, par exemple ici: http://www.ovh.com/fr/particulier/produits/domaines.xml).
  • Le titre devra être immédiatement compréhensible en anglais et évoquer la photographie (donc pas de titre en français ou en franglais, et il faut que l'anglais soit correct!) car le site sera rédigé en langue anglaise.
  • Il faudra que ce soit un titre qui sonne bien, facile à retenir, facile à prononcer et à orthographier.
  • L'idéal serait un titre qui me ressemble (mais sans rapport avec Blogdifferent, il s'agira d'un site à visée professionnelle).
  • Le contenu du site: mes photos, cogitations photo, comptes-rendus de conférences, opinions photo, un peu de journal axé photo, quelques lectures photo, etc.

Pour vous donner une idée de ce que je recherche, voici déjà quelques noms qui m'avaient tentée:

  • Frenchphotodiary.com (trop long)
  • Lostinphoto.com (si je fais des photos nazes, le titre risque de se retourner contre moi!!)
  • Darkroomdiaries.com (évoque plutôt l'argentique rétro)
  • Focusonthephoto.com (pas mal?)

Date limite de participation: 1er octobre. J'offre un tirage photo dédicacé au gagnant!

Posté par blogdifferent à 12:10 AM - Presse-purée - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 septembre 2008

Capri, c'est fini...

Collioure aussi.

J'ai dit au revoir aux galets, au soleil, aux cigales, à l'air marin et à mes gentils instructeurs commandos retrouvés pour l'occasion. Ca m'a un peu fendu le coeur. Au gré des mutations annuelles, l'an prochain, il n'y aura sans doute plus personne.

Posté par blogdifferent à 09:24 PM - Blog-trotteuse - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 septembre 2008

Intolérance

(J'essaie de poster depuis Collioure avec mon Palm sur le port devant un café wifi, et c'est pas gagné)

En quittant Perpignan, j'ai, comme promis, rendu visite au père de l'une de mes amies d'enfance. A 77 ans, il est très isolé, loin de sa fille parisienne et, par gentillesse, je lui rends visite chaque année après Visa pour l'Image. Sauf que, cette année, ça a été un peu différent.

Arrivée pour l'heure du déjeuner, j'ai tout de suite remarqué son air pas très sympa à la gare. J'étais chargée comme un mulet: une valise très lourde, mon sac photo, mon sac à main et un grand sac plastique du commerce qui contenait le linge remplacé dans la valise par les beaux livres photo acquis à Visa. Il n'a même pas proposé de me porter le sac plastique. Nada. Et quand je lui ai demandé de m'ouvrir le coffre, il a fait semblant de ne pas entendre. Donc, j'ai fait le mulet jusqu'à la voiture, puis, comme, en arrivant, il s'était garé sous les pins, j'ai carrément dû porter la valise archi-lourde jusqu'à la maison, parce que ça ne roule pas sur les caillasses de la garrigue.

M. est rentré direct dans la maison pendant que moi je faisais trois allers et retours pour porter le total. Nous avons déjeuné (un curry tout prêt délicieux que lui avait préparé son aide ménagère). J'ai proposé de faire la vaisselle. Il m'a dit: "Non, je la ferai plus tard." Après le déjeuner, il s'est installé à sa table et m'a dit qu'il devait faire sa comptabilité (je précise qu'hormi sa fille et son aide ménagère, je pense que j'étais la première à lui rendre visite depuis un bail). Moi, je me sentais un peu couillonne, les bras ballants. C'est vrai, quand on est invitée dans une maison étrangère, ce n'est pas toujours évident de trouver à s'occuper. Après trois tours de jardin, M. remarque mon relatif désarroi et la sanction tombe comme un couperet: "Ben puisque t'as rien à foutre, t'as qu'à faire la vaisselle." Dit de façon aussi charmante, qui oserait refuser? Sauf que la vaisselle, y'avait aussi celle de la veille en cadeau...

Une heure plus tard, je me fais toujours autant ch***, alors je propose d'aller prendre un verre à Leucate Plage, histoire de voir la mer au moins une fois cette année.

On y va. Il fait gentiment un crochet pour me montrer le phare, je me dis que la journée va s'arranger. Que nenni.

Au bout de vingt minutes à la terrasse du café où je me délecte du parfum de l'air marin, il m'annonce, "Bon, tu finis ton verre, là, parce que moi je veux rentrer sinon je vais prendre froid." Les boules. La perspective du retour à la captivité dans la maison perdue au milieu de nulle part dans un hameau de garrigue ne me dit rien qui vaille.

Je dis que je vais me laver les mains. "Au passage, va payer ton addition." Dit de façon aussi charmante, qui oserait refuser? Il m'avait pourtant semblé que quelqu'un avait bu du Ricard sur "mon" addition. Le gag, c'est que j'avais prévu de payer de toutes manières, mais le geste et le ton me sont restés en travers de la gorge. Pas de merci, bien sûr, parce que ça aurait voulu dire que c'était "notre" addition.

Le jour sans fin? C'était aujourd'hui. Arrivée à 13h30, je n'ai pas entendu M. prononcer un seul mot positif ou agréable jusqu'au moment où, de guerre lasse, à 21h30, j'ai invoqué un prétexte bidon pour aller me coucher. Comment est-il possible qu'une personne si douée de ses mains pour créer le beau, artiste peintre de son métier, talentueux, cultivé et qui a du goût, qui a construit chaque chose de cette charmante maison de ses propres mains, comment une telle personne a-t-elle pu sombrer dans pareille laideur verbale et aigreur mentale? Après tout, son isolement, c'est lui qui l'a choisi quand il a quitté Paris et sa fille pour revenir vivre ici il y a quinze ans.

Le soir, j'ai spontanément refait la vaisselle pour noyer le bruit de sa conversation dans les tumultes de l'eau savonneuse. Quand on sait que je dois être la seule Parisienne à s'être acheté un lave-vaisselle pour son studio et que, vu qu'il a rendu l'âme à mon départ, je vais foncer en racheter un le premier jour de mon retour, quand je me propose pour faire la vaisselle comme ça, ça en dit long sur mon désespoir (souvenez-vous de ce post).

Extraits:

M: "Moi, j'en ai marre des cafés par ici. Y'a des Allemands partout, on se croirait à la Kommandantur."
[Entre une compagnie de gendarmes pour boire une bière au bar]
Puis ceux-là, tu les as vus? Tous des fachos, les gendarmes, ils votent tous Le Pen."
BD (enfonçant la tête dans son verre de vin, recherchant l'oubli): "T'exagères, quand même, ils font un boulot difficile, et puis on est bien contents de les trouver quand on a des ennuis."
M: "Mais nan, ils foutent rien, ils sont dans la police parce que personne d'autre voulait d'eux. Ils sont totalement incultes. C'est des brutes. Y'en a un dans le coin, c'est un vrai demeuré, une brute épaisse, tout le monde le connaît, il a raté son examen trois fois et il se balade toujours la braguette ouverte."
[BD, silencieuse, la tête toujours plus profond dans le verre de vin]
M: "Pis qu'est-ce que tu crois, pendant la guerre, c'étaient les gendarmes qui arrêtaient les juifs. Tous des collabos."
BD (le nez qui touche désormais le fond du verre, se disant que, décidément, la journée allait être bien longue): "T'aimerais pas construire une piscine chez toi pour l'été?"
M: "Les piscines c'est pour les cons, qu'ils aillent se faire enculer chez les Grecs. Faut vraiment être débile pour construire une piscine quand on a la mer en face."
BD: "Tu viens sur cette plage nager parfois?"
M: "Nan."
BD: "Pourquoi?"
M: "Ici les coquillages sont moches."
BD: "Ah?"
M: "Pis si c'est pour nager avec les vagues, l'eau froide à 22 degrés, puis les vives qui te piquent, merci."
BD: "Donc, tu préfères la piscine?" (ricanement intérieur)
M: "Ouais, mais seulement l'hiver."

(...)
[Dans la voiture au retour]
BD (la 'positive attitude' chevillée au corps): "Tu as vu le beau coucher de soleil?"
M: "C'est rien ça, il est moche celui-là, j'en ai photographié des plus beaux."
BD: "Oh, regarde, c'est fou le travail de l'érosion, les arbres sont tous déracinés, t'as vu les sculptures que ça fait dans la terre? C'est chouette."
M: "Regarde plutôt le pont, là, veulent nous faire passer une quatre voies par ici."
BD (cherchant frénétiquement à faire diversion avec le contenu du paysage): "Dis-donc, vous avez plein d'éoliennes par ici, c'est bien de tirer parti de la tramontane pour faire de l'énergie propre. Et puis c'est toujours mieux que de construire des centrales."
M: "Ouais tu parles, que des conneries tout ça, encore un truc pour filer notre électricité à l'Espagne. Et puis, énergie propre, que dalle, dans vingt ans ce sera des grands bouts de ferraille tout rouillés bons pour la casse, et qui c'est qui paiera pour les entretenir, hein, c'est la commune avec nos impôts."

(...)
[A la maison]
M: "Je veux regarder la tv ce soir, y'a un documentaire sur les juifs en France sur la 5."
BD (intérieurement: ben ça promet): "Ah, cette version de "Douce France" en hébreu par Dave, excellente!" (ou était-ce en yiddish??)
M (n'écoutant pas un mot dudit documentaire): A Rivesaltes, on était en zone libre, et pourtant, y'avait un camp de concentration. Je l'ai vu de mes propres yeux, y'a trois mois j'ai loué un petit avion pour survoler et faire des photos [je comprends mieux où est passé l'argent du pastis]. Y'a même des livres qui ont été écrits sur le sujet. Ils étaient en ruines et maintenant, ils ont reconstruit plusieurs bâtiments et mis des barbelés tout neufs. Moi je te parie que ça va devenir le nouveau centre de rétention de ce facho d'Hortefeux."
BD (passant en mode veille): "Ah? hmmm."
M (ne remarquant pas le mode veille): (brouillard de mots) "salauds de gendarmes........ pis ici dans le village y'a que des délateurs............... la police elle fait rien, moi j'ai été cambriolé trois fois...............Ici tout le monde sait qui a fait le coup................... mais les gendarmes ils foutent rien......... ils font de la surveillance par caméras avec nos impôts et bien sûr ils arrêtent personne.......... Pis en banlieue parisienne, ils font du délit de sale gueule...... c'est des fachos qui votent Sarkozy.......... Moi je vais monter une cellule LCR chez moi...........
BD (niveau maximal d'encaissement de haine sociale généralisée = atteint. Intérieurement, me retenant très fort pour garder la bouche fermée: et dire que les pauvres touristes allemands du café du coin, c'est la Kommandantur, à ton avis, ça porte quel nom?)
M: "Y'a un mec dans le village, c'est un gendarme à la retraite, mais il nous observe tous....... Gendarmes et militaires collabo............ Moi je dirai jamais bonjour à ce mec-là."
BD: "Faut arrêter de toujours tout peindre en noir manichéen comme ça, la réalité est pleine de nuances, et puis la guerre, elle est finie depuis cinquante ans!" (pis c'est pas comme si tu l'avais faite, hein, t'étais un gamin)
M: "De toutes façons, toi t'es complètement à côté de la plaque. Et l'Afghanistan alors?" (s'ensuit un flot de clichés mal informés, d'opinions ciselées avec la finesse du marteau-piqueur, de bêtises pures et simples... Réalise-t-il seulement que je viens de passer une semaine avec des photographes qui y vivent quasiment à plein temps depuis trois ans et qui connaissent mieux que personne la situation là-bas? Il s'en fout de toutes façons. Depuis une dizaine d'heures que je suis là, la seule question personnelle qu'il m'a posée, c'est "tu fais un régime?" suivi d'un "tu veux de l'aspartame avec ton café?" et prolongé d'un "t'as pas peur de grossir toi au moins")
BD: "Je vais faire la vaisselle."
M: "La vaisselle tu la fais dans la cuvette, parce que moi j'ai 1000 € de facture d'eau par an, je veux pas que tu me fasses du gaspillage."

(...)
[Le lendemain matin. Bien que nous nous soyons levés à la même heure, il ne m'a pas attendue pour petit-déjeuner, il s'est fait un café pour lui tout seul et il a rangé la cafetière et le pain. Je ne me démonte pas, je vais prendre une douche. Arrivée dans la douche, moment de déconcertation: qu'est-ce que c'est que ce truc? Où est le pommeau? Je remarque que le cordon se termine par un oval d'environ 40 cm de diamètre, percé de trous. J'ouvre l'eau, et voila qu'en sort une étonnante petite pluie circulaire sans la moindre pression; vrai moment d'émerveillement. Se doucher avec l'engin tient de la prouesse technique.] (...)
BD (admirative): "C'est une petite merveille ta douche, c'est toi qui l'a fabriquée?"
M (que le compliment n'a pas attendri): "Ben quoi, t'as jamais vu une douche 1900? Faut sortir de chez toi un peu! Pour pas mouiller leurs cheveux, les femmes se faisaient un chignon et se la mettaient autour du cou."

(...)
M: "C'est couvert, il va pleuvoir. Il était temps, ça fait tout l'été qu'on attend ça."
BD: "Ton arrosage automatique dans le jardin, il s'arrête quand il pleut? Tu as mis un détecteur?"
M: "Manquerait plus que ça. Moi je suis contre la débilité. Bientôt il te faudra un bipeur pour savoir que t'as envie de pisser." [Ainsi parlait l'homme aux 1000 € de facture d'eau, ennemi du gaspillage.]

A la gare, l'on annonce le train avec 40 minutes de retard. Je crois défaillir. 40 minutes supplémentaires d'audience captive à encaisser les salves de son fiel existentiel.

La bonne action de rendre visite au frère de sang de "Tatie Danielle", on ne m'y reprendra pas de sitôt.

C'est officiel, je suis gérontophobe.

Posté par blogdifferent à 10:37 PM - Blog-trotteuse - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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