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(Of course, any resemblance to the names, character, or history of any person is coincidental and unintentional...) (Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence...)

08 février 2008

Alice in Babyland

Cette journée ne ressemblait à aucune autre.

Le matin, j'avais rendez-vous chez la gynécologue pour la révision des 10.000. Je ne sais pas trop bien ce qui m'a pris, mais, pour l'absolue première fois, je me suis prise à la questionner concrètement sur la maternité. Quelles étaient mes chances de fertilité si j'attendais la "dernière minute" pour faire un enfant, à la frontière de la quarantaine, toute cette sorte de choses. Les réponses étaient relativement conformes à ce que j'attendais. Oui, on est moins fertile, mais tomber enceinte est une loterie, certaines peinent pendant deux ans à vingt ans, alors que l'une de ses patientes vient de faire ses trois premiers enfants entre 42 et 47 ans.

Si des difficultés sont rencontrées, l'âge limite pour "stimuler" une grossesse est fixé à 43 ans: après, les résultats s'avèrent relativement inefficaces. Il est jugé normal de tomber enceinte sous un an; au-delà, il faut commencer des examens pour voir à quel niveau se situe un éventuel problème. Donc, globalement, la dernière limite pour arrêter la pilule, c'est 41 ans. Et comme je ne songe pas à faire un enfant avec un parfait inconnu au bout de trois mois de couple, que je pense qu'il faut au minimum un délai d'un an et demi, voire deux ans, pour se sentir un peu certains de ce que l'on souhaite ensemble, cela voudrait dire qu'il faudrait que le père de mes enfants me tombe tout cuit dans les bras aux alentours de 38-39 ans. Que voilà une notion terrifiante: il me reste quatre ans.

Quatre ans pour réaliser mes rêves de célibataire, m'essayer au reportage de guerre (je me vois mal le faire avec un enfant), m'abreuver de liberté jusqu'à plus soif pour un moment. C'est vite passé quatre ans, quand on y pense. Est-ce que j'aurai fait le quart de ce que je souhaite d'ici là? Qui sait.

Parfois je redoute de ne pas être faite pour la vie de couple. Après tout, mon record relationnel est d'un an et demi, et j'avais vingt ans... En même temps, il suffirait d'une rencontre pour renverser la statistique.

J'ai l'esprit rempli de sourires baveux je-fais-mes-dents et de hurlements donne-moi-ma-girafe-en-plastique-sinon-je-te-vrille-les
-tympans-et-tu-seras-sourde-pour-deux-jours. J'ai passé l'après-midi chez mon amie Caro, qui vient d'accoucher il y a quinze jours de son deuxième garçon. Une journée thématique, si l'on peut dire.

Globalement, je trouve que mes amis font des parents assez stressés (est-ce le lot des parents modernes? Je ne crois pas que nos parents étaient ainsi). Et leurs enfants ne leur facilitent pas la tâche. Junior de 16 mois est un vrai boyscout: là où il passe, toute chose trépasse. Depuis qu'il a compris que tous ses jouets constituaient des projectiles intéressants... je vous laisse imaginer la suite. J'aime bien son côté p'tit mec qui fait pas dans la dentelle. Il y avait une clémentine sur la table, il a mordu direct dedans avec la peau et tout et tout. Il l'a mangée sans hésiter, jusqu'au moment où il a compris que le zest, ça pique la bouche. Là, il a tout recraché sur lui et s'est mis à brailler. Ca faisait une coulée orange sur son bavoir, façon lave en fusion avec scories. J'ai un peu de mal avec les vociférations des enfants. C'est ça d'avoir été élevée dans le silence.

J'ai de l'admiration pour le côté nature de Caro. Son premier réflexe en voyant Junior manger la clémentine avec la peau, ça a été, "tu sais, son beau-père fait pareil". Désinvolte et cool, totalement géniale. Comparez et contrastez avec mon amie Béa qui interdit à sa fille de manger les pommes avec la peau à cause des pesticides. Moi, au pensionnat en Angleterre, on me forçait à manger la peau parce que c'est ce qui contient le plus de fibres et de nutriments (paraît-il). D'ailleurs, je mange les peaux comestibles de tous les légumes. Ca tombe bien parce que, de toutes façons, pesticides ou non, j'aurais trop la flemme de les éplucher. Et oui, l'un de mes plats british préférés, en dehors des baked beans on toast sur le ferry Calais-Douvres au milieu de la nuit, ce sont les potato skins que l'on achète avec moultes sauces grossissantes dans les fourgonettes fast-food à Londres et que l'on retrouve dans certains restaurants Tex-Mex parisiens.

J'ai bien aimé aussi le "je ne ménage pas mon fils" assez sain de Caro. Parfois, vous voyez des mamans hystériques au square qui font un drame parce que leur enfant s'est égratigné le genou. Caro, elle, m'a dit en riant, "tu sais, Junior, il est super intrépide, une vraie terreur, il se prend tout le temps des beignes, il voudrait sauter depuis le haut du toboggan." Ce dont je n'ai pas manqué de m'apercevoir lorsque Caro l'a rattrapé in extremis alors qu'il s'apprêtait à se jeter à pieds joints d'un mètre de haut. Et quand il a sauté une marche de quarante centimètres et s'est ramassé dans l'herbe, il n'a pas moufté: pas un cri, pas une larme. Caro, très nature, lui a dit, "C'est normal que tu tombes si tu fais ça" et lui a montré comment descendre la marche en crapahutant à quatre pattes. Du haut de ses seize mois, il a pigé tout de suite et est remonté de plus belle. 

Mon moment préféré, c'est quand j'ai joué la maman Bobo-kangourou-ethnique avec le tout petit. Une large écharpe, un bébé savamment emmitouflé dans un pli, deux croisillons, deux noeuds dans le dos et, hop, presto, une maman kangourou par intérim (moi). J'ai ainsi pu vérifier, fière comme Artaban, qu'un bébé langé serré cesse immédiatement de pleurer, que vous pouvez lui écrabouiller la tête entre vos seins et qu'il parvient quand même à respirer sans problème (et que, la crapule, il aime ça), et que vous n'avez pas intérêt à arrêter de marcher, osciller, vibrer, tapoter, sinon les hurlements reprennent illico.

Mon amie m'a photographiée au cours de l'exercice - qui a quand même duré deux bonnes heures jusqu'à ce que je sente poindre un sévère mal de dos à la fin de la ballade. On se trouvait très bien tous les deux, on se tenait chaud, on s'imbriquait parfaitement. J'avais l'impression d'être un personnage des Saisons de Maurice Pons, avec mon petit mammifère contre le ventre pour faire fi de l'hiver.

Je n'ai pas changé brusquement aujourd'hui. Mes hormones ne se sont pas mises à tourner en circuit fermé. C'est juste qu'au lieu de repousser la maternité aux calendes grecques, aux frontières de mon subconscient, j'ai décidé de lui laisser se frayer une place dans ma vie; je lui ai accordé une tangibilité dans mon avenir. A mon grand étonnement, cette journée m'a emplie de sérénité, comme si j'avais rencontré la Femme essentielle qui sommeillait profondément en moi.

Posté par blogdifferent à 08:32 PM - Un peu sur moi - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

si on attend tous que tous les paramètres soient réunis ce qu'on est sûr de réussir (et ça, c'est sans risque car on réussira quoi qu'il arrive) c'est sa mort.
La famille barre le chemin à la passion, la passion barre le chemin à la vie à deux, la vie à deux n'induit pas d'être heureux et le couple n'est pas garant d'harmonie surtout quand il y a des enfants.
Les enfants et le couple n'ont d'ailleurs rien à voir avec quelque bonheur que ce soit, l'homme et la femme une fois devenus père et mère se retrouvant ficelés dans un bordel innommable qui pousse l'homme à vieillir prématurément et la femme à se replier sur sa progéniture et ses vergetures comme si elle venait d'inventer le fil à couper le beurre.

Je suis assez atterrée par ce besoin de vouloir coller au chromo de la famille modèle des années 50 et ce au 3e millénaire.

Posté par Violette, 10 février 2008 à 03:55 PM

Je ne vois vraiment pas le rapport...

entre mon post et ce commentaire!

BD

Posté par Blogdifferent, 11 février 2008 à 01:25 PM

pas sympa

ta réponse BD, je continue à lire ton blog mais quand tu as des choses qui ne te plaisent pas tu es un peu dur.
Cette personne voulait exprimer ce qu'elle avait ressenti à la lecture de ton post.
Et toi tu la jettes.
Pas cool.
Alors qu'une fois tu as eu un commentaire qui a été très vite effacé car il n'allait pas dans ton sens........ et je pense heurter ta Personne.

Posté par corentin, 11 février 2008 à 03:48 PM

???

Je ne censure pas les commentaires, je l'ai déjà dit, il suffit de se rendre sur mon post concernant Harlequin http://blogdifferent.canalblog.com/archives/2006/06/06/437139.html ou Pride and Prejudice http://blogdifferent.canalblog.com/archives/2006/01/29/1292212.html pour s'en rendre compte, vu le nombre impressionnant de commentaires désagréables qui y sont enregistrés et que je n'ai absolument pas touchés.

Il me semble d'ailleurs après vérification dans l'interface qu'il y a au total 6 commentaires de toi sur mon blog et tous sont en ligne.

Je maintiens que je ne vois pas le rapport entre le commentaire et mon post. Je ne vois pas en quoi mon post met en avant la famille modèle des années 50!!! Je suis bien loin de cela. Et, vu le ton très optimiste de mon message (pour une fois), je n'ai pas compris la réponse plutôt aigrie de Violette, je ne vois pas trop ce que ça venait faire là.

BD

Posté par Blogdifferent, 11 février 2008 à 04:09 PM

hé bien voilà

tu as expliqué pourquoi et là bravo BD.
Cette jeune personne aura au moins le pourquoi de ta réponse aussi seche.
Tu dois le savoir comme moi, la compréhension d'un post n'est pas vu de la même manière par tout le monde.
Toi tu étais joyeuse de penser cela, peut être venait elle de vivre une douloureuse expérience et cela l'a fait réagir ainsi....
Tes post BD sont des outils parfois à notre propre réflexion. On vit tout simplement et les internautes réagissent.....
Cette personne doit être surement dans un sentiment autre que le tien en ce moment donc dans le côté négatif concernant la maternité.
En tout cas merci BD de ta réponse rapide.

Posté par corentin, 11 février 2008 à 04:21 PM

Re: hé bien voilà

Effectivement, on est rarement deux sur la même planète à comprendre des choses identiques. C'est ce qui fait tout l'intérêt, voire le côté agaçant de la chose, selon le point de vue.

En disant que je ne voyais pas le rapport avec mon post, ce n'était pas de la sécheresse, mais plutôt une provoc' amusée de la réaction de Violette l'engageant à s'expliquer.

Etre expéditive ou laconique n'implique pas d'être dure...

Bis repetita, c'est marrant ces réactions défensives.

BD

Posté par Blogdifferent, 11 février 2008 à 04:36 PM

Un long fleuve tranquille?

Hein? quoi?
Un très beau texte, BD.
Je te souhaite de belles méandres de réflexion.
34 ans itou, de tout coeur avec toi.
Y.

Posté par Nada, 12 février 2008 à 01:44 AM

Vous ne connaissez pas le dernier bug de Canalblog?

Les titres des commentaires apparaissent dans la liste "derniers commentaires" (colonne de gauche), mais n'apparaissent pas à la suite des messages qu'ils commentent.

Pfff... j'vais encore me faire accuser de censure!

Pour Sparlate: C'est pas ma base de données qui plante, c'est celle de Canalblog. Moi, j'ai pas accès (pas comme toi avec Wordpress... hein)

Posté par Blogdifferent, 19 février 2008 à 12:02 AM

merci Corentin.
Mais mon post était âpre c'est normal aussi que BD ait réagi. Sans méchanceté aucune alors que mon point de vue pouvait la "blesser".

Je trouve qu'il s'agit d'une image. D'un chromo. Le rêve américain. Jouer à porter un bébé, et de surcroit être photographiée pendant le rôle, c'est du théâtre.
Comme jouer à la poupée.
C'est comme desperate housewifes. (version "moderne" des 80 ans de retard)
un faux semblant.
Les deux copines Caro ou Bea pourraient jouer dans la série. L'une Linette, l'autre Bree !

Les hormones contrairement aux reportages de guerre existent et la baisse de leur taux t'arrivera pour de bon.
Alors arrête de rêver ta vie et choisie ton camps. Au lieu de rester le c... entre deux chaises.

Les hormones ne procrastinent pas.

Et je ne dis pas ça pour t'attaquer.
Mais parce que tu fais chier à rester enfermée dans ta petite boite, à regarder les autres comme s'ils étaient mieux.
Putain, y'a pas mieux que toi.

Tous les gens dont tu parles sont toujours si loin derrière toi.

Posté par Violette, 26 février 2008 à 08:09 PM

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