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(Of course, any resemblance to the names, character, or history of any person is coincidental and unintentional...) (Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence...)

26 mai 2007

Maman les p'tits bateaux qui vont sur l'eau ont-ils des jambes?

Mais oui mon gros bêta
S'ils n'en avaient pas
Ils ne march'raient pas
Va quand tu seras grand
Tu f'ras le tour du monde
Tu reviendras sûrement
Embrasser ta maman"

Alors, une fois n'est pas coutume, je voudrais commencer ce post par un bisou à ma Maman.

La première fois qu'un petit ami s'est comporté comme un salaud avec moi, j'avais dix-neuf ans et il en avait seize (l'un des rarissimes exemples de fois où j'ai pêché en-dessous de moi). On sortait ensemble depuis quatre mois. On ne se voyait pas souvent, alors on s'écrivait. Il a rédigé sa lettre de rupture au verso d'une feuille de cours déchirée. En gros, il m'a écrit "je te quitte parce que tu veux pas baiser avec moi" [On était puceaux tous les deux]. Sic. Dommage que je n'aie pas eu trente-trois ans à l'époque, parce qu'aujourd'hui ça me fait beaucoup rire. Au moins, ça avait le mérite de la franchise. D'ailleurs, pour la petite histoire, aujourd'hui, il est devenu un célèbre rugbyman. Et déjà à seize ans, il avait le plus beau corps que j'aie jamais vu. On ne devient pas dieu du stade par hasard... ^_^

Comme j'habitais encore (pour un an) chez mes parents, ma Maman avait suivi toute l'affaire. Me voyant effondrée sur ma lettre de rupture, Maman a pris les choses en main. Et je dois dire que ce jour-là, elle, que je voyais d'ordinaire si "soumise", est sortie de sa réserve pour me dicter une réponse qui mettait à profit tout le bon sens terrien qui fait le charme génial des femmes de ma famille maternelle. Elle m'a dit: "Ma Chérie, il faut rendre la souffrance gratuite à celui à qui elle revient. Un torchon, ça se retourne." Comme la mère très bourgeoise dudit rugbyman surveillait à la loupe tout ce qui se passait entre nous, ma Maman m'a fait lui retourner la lettre de son fils accompagnée de quelques mots laconiques sur le mode "vous allez avoir du travail pour en faire un homme, un vrai". J'étais pétrifiée, attendant que le ciel me tombe sur la tête. Mais l'audace de ma Maman a largement payé.

J'ai reçu une lettre d'excuses circonstanciées de la mère, horrifiée du comportement de son fils, lequel a dû passer un sale quart d'heure. Lorsque je l'ai recroisé dans une soirée d'amis communs trois mois plus tard, il m'a serrée tendrement dans ses bras et dit qu'il était désolé du mal qu'il m'avait fait. Nous avons fini par sourire de l'épisode. Les hasards de la vie ont fait que je ne l'ai jamais revu après cela. C'est sa soeur, croisée inopinément dans un restaurant de la Butte aux Cailles il y a trois ans, qui m'a informée de sa brillante carrière de rugbyman. Depuis je le Google-Image régulièrement pour le plaisir solitaire de la réminiscence de son corps d'athlète... ;))

Il y a eu une seconde fois où j'ai retourné une lettre. C'était le mail de rupture définitive reçu de mon ex à quelques heures de la fête de notre premier anniversaire ensemble, trois semaines avant la date prévue de notre emménagement. Lâche, vulgaire, insensible. Une horreur comme point final à tout ce que nous avions partagé. Je lui ai retourné, accompagné d'une lettre brève et réfrigérante. J'ai reçu un long mail où il s'excusait. L'été s'est écoulé sans que je veuille le revoir. En septembre, je lui ai réclamé les clefs de mon appartement. Nous nous sommes donné rendez-vous dans un café. J'ai été glaciale. Il s'est effondré dans mes bras. Il avait passé un été misérable, sortait d'un accident de voiture grave (dont il ne m'avait pas informée), marchait avec une canne [il est totalement remis depuis, je le précise]. Il m'a redit tout son amour. Il était bouleversant. Ce soir-là, en me remettant dans un taxi, il m'a spontanément rejoué la scène de la voiture dans L'Amant, qu'il n'avait pourtant pas vu, caressant la voiture dans laquelle je me trouvais. Sans nul doute, la plus émouvante déclaration d'amour muette que l'on m'ait jamais faite.

Je ne nourris aucun espoir de ce genre à l'encontre de L., mais voici ce que je viens de lui poster par mail:

L.,

Tu as raison. A quoi bon traiter honorablement une femme alors que c'est si satisfaisant humainement de se comporter comme un ver de terre.

Je te retourne ton mail torché à la hâte. Les tautologies sont un bien pauvre substitut de la décence. Et même du coeur, d'ailleurs.

Je me souviens de ta phrase chez toi: "Je ne suis pas quelqu'un de si bien que ça". Réjouis-toi, nous sommes enfin sur la même longueur d'onde: je concorde en tous points avec cette affirmation.

Il paraît que le temps se charge des mufles.

Bon vent.

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Comme chez Télérama, "Ca va mieux en le disant".

Posté par blogdifferent à 12:39 PM - Confiture amoureuse - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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