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(Of course, any resemblance to the names, character, or history of any person is coincidental and unintentional...) (Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence...)

23 mai 2007

Tabula rasa

J'avais tout faux.

C'est à un commentaire du blog que je dois cette épiphanie du jour. Rendons grâce au seigneur Genorb qui m'a fait entrevoir la lumière.

Je me suis désinscrite de Beetic. Enfin presque. J'ai remis mon profil à zéro il y a trois semaines. De toutes façons, disons la vérité, même si c'est un phénomène de société, je n'assumais pas d'y être inscrite. Enfin, pour une aventure, oui, mais pas pour ce que cela était devenu par la suite. De plus, sans snobisme, ajoutons que la démocratisation de l'internet n'a pas réussi à ce site de rencontres. Lors de ma première inscription en 2003, les rencontres s'étaient avérées bien plus intéressantes. Moins "tu kiffes kel position, lol" comme le souligne si pertinemment Sainte Dusk. Elle a quelque chose de Sophie Fontanel. Qui, d'ailleurs, était bien meilleure à l'époque où sa chronique dans Elle ne s'effectuait pas mails interposés. Je ne cesserai jamais de le dire, la vraie modernité en notre époque, c'est d'être rétro-réac.

[Mode digression: /ON. Un soir, lors d'un cocktail culturel à Louis-le-Grand, j'avais échangé quelques mots avec une dame qui jugeait des concours de poésie. Je lui avais dit que j'écrivais des sonnets en alexandrins à mes heures perdues. Et même à mes heures trouvées. Elle avait pincé ses lèvres, arqué ses sourcils, retroussé son nez et rétorqué avec toute la condescendance dont elle était capable: "Mais mademoiselle, vous êtes au courant qu'il y a eu des inventions en littérature depuis le XVIIème et que le Nouveau Roman a changé la donne? On ne peut plus écrire de sonnets aujourd'hui." C'est pas pour dire, mais si la poésie moderne doit être semblable à ce qui remporte les concours de la RATP et qu'on doit se taper tous les matins dans les rames, en encart fleuri au-dessus des pubs de matelas, je préfère me jeter tout de suite par la fenêtre de mon rez-de-chaussée. Mode digression: /OFF]

Bref. J'avais écrit une annonce foutage de gueule sur Beetic (la recette de la pinde au bihiskhey, pour ceux qui suivent), un peu dans l'esprit "dieu reconnaîtra les siens" et moi je reconnaîtrai au moins les crétins sans humour d'une part, et les crétins tout court d'autre part ("elle est trop longue ton annonce, je l'ai pas lue jusqu'au bout"). Je vous le disais, c'est ça la démocratisation de l'internet.

Mais j'avais pas la bonne technique non plus. La bonne technique, je l'ai pratiquée avec L. et je vous la livre en pâture pour l'avenir: refuser systématiquement le chat, prévenir en revanche que vous répondez toujours aux mails. Les hommes sont plutôt loquaces et motivés sur ce site, profitez-en. Le chat, ça fait perdre des heures à se dire des vacuités et ça ne présage en rien de la personne en vrai. En revanche, si après quelques échanges de mails, tout va bien, passez au téléphone: moins brutal que la rencontre, il met fin en douceur au virtuel et peut même générer de l'intimité. Après, si le téléphone ne vous a pas réfrigérée, proposez la rencontre.

Ca marche bien ce matin la pensée en éventail. Bref. Ma démarche sur ce site était tout sauf sérieuse, même si l'intention qui la sous-tendait l'est progressivement devenue. Si les rencontres foiraient, je pouvais toujours potentiellement me retrancher derrière le côté plaisantin de mon annonce. Je ne voulais pas me mettre en danger, m'exposer.

Et s'il était temps de vivre sans filet?

Ces derniers jours, j'ai beaucoup réfléchi au job pour lequel j'ai postulé (j'attends encore la réponse suite à l'entretien de vendredi dernier) et qui va me coûter mes soirées et mes week-ends en astreintes au desk news. Bien sûr, je l'accepterai si on me le propose, je ne suis guère en position de faire la difficile, même pour ce salaire dérisoire; je suis trop consciente de la rareté des opportunités actuelles dans la presse. Mais alors que je me serais fichue royalement des horaires d'astreinte il y a quelques années, le cap de la trentaine a fait son effet: je n'ai pas hâte de rencontrer le père de mes enfants, mais je n'ai pas non plus envie désormais de m'enterrer vivante sans vie sociale. Ca compte trop pour moi en ce moment. Voilà quatre ans que je n'ai pas fait couple avec quelqu'un; c'était ma volonté, mais aujourd'hui cela ne l'est plus. J'ai envie de construire un quotidien avec quelqu'un, de retrouver le bonheur des instants partagés.

Le commentaire de Genorb m'a donné une idée. Il me lit relativement assidûment depuis l'ouverture du blog, commence à connaître tous les recoins de mon âme, a découvert qui je suis en vrai, ce que je fais, vu ma/mes photo(s), et il ne s'est pas enfui à toutes jambes pour autant. Y'a peut-être de l'avenir dans ce concept.

Vu qu'a priori, en dehors des pourfendeuses Harlequin et des fans pas déniaisé(e)s de la bimbo Keira Knightley, j'aime tout le monde sur mon blog, pourquoi je n'y posterais pas une annonce de rencontre sérieuse?

Je réfléchis au texte. Dans l'intervalle, Genorb, je te prends au mot, prépare tes copains célibataires...!

Posté par blogdifferent à 11:52 AM - Confiture amoureuse - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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