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(Of course, any resemblance to the names, character, or history of any person is coincidental and unintentional...) (Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence...)

17 mai 2007

La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté

J'ai retrouvé le goût âcre en bouche de la rupture. Bien moins rigolo que les madeleines.

Depuis deux jours, j'ai mon coeur entre les dents et je mâche avec application. Réjouissez-vous, les ruptures me rendent plumitivement loquace. Vous n'avez donc pas fini de me lire dans les jours qui viennent. C'est drôle, maintenant que j'y réfléchis, c'est ma première vraie rupture depuis l'ouverture de ce blog. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce cher L. a fait grande impression en moins d'un mois.

Tiens, voulez-vous que je vous confie trois ingrédients constants de ma poisse amoureuse?

Pour commencer, hasard ou coïncidence, quand j'ai une rivale en amour, elle s'appelle toujours Laura ou Anna. Je ne compte plus les exemples de récurrence néfaste de ces prénoms dans ma vie. Et dans ces cas, ce sont toujours elles qui obtiennent ce qui m'est renié. Laura et Anna sont des rivales triomphantes, et L., avec son ex toujours colocataire prénommée Ana, n'a pas fait exception.

Le second ingrédient est plus sarcastiquement cocasse. Imaginez le plus joli des ensembles affriolants, le parangon de ma garde-robe de sous-vêtements, tout de dentelle chic et raffinement. Eh bien, à chaque fois que je le porte dans l'intention de plaire à un homme, c'est la Bérézina. Soit on me tourne le dos version désolé, chérie, j'ai sommeil. Soit sa présence passe carrément inaperçue au milieu d'une géante scène de couple. J'ai même littéralement provoqué des pannes ascensionnelles avec. Mais là, je me suis surpassée: devinez ce que je portais Place Carrée au moment de me faire plaquer?

Je fais quoi, je le brûle et je me rachète des culottes Petit Bateau?

Le troisième et dernier ingrédient de mon vaudou amoureux personnel, c'est la mythique photo de couple. A l'âge de treize ans, un week-end, je dormais chez Katia, ma meilleure amie du pensionnat. J'adorais la chambre que son père artiste lui avait réalisée. Il lui avait construit une mezzanine particulièrement originale à base d'échaffaudages de chantier réhabilités et peints de couleurs vives. Nous étions là, allongées sur le sol, écoutant en boucle la musique du Grand Bleu sorti quelques jours auparavant. En penchant la tête sur le côté, j'avais aperçu, soigneusement scotchée à l'arrière de sa table de nuit et ainsi dissimulée aux regards, la photo de son premier petit ami. J'avais adoré l'idée de ce visage qu'elle seule pouvait regarder en secret. Je m'étais juré alors que moi aussi lorsque j'aurais un petit ami, je scotcherais sa photo à côté de mon lit discrètement. Et figurez-vous que, vingt ans plus tard, c'est toujours à cet instant dans la chambre de Katia que je repense lorsque je tiens entre mes mains la première photo de mon homme du moment.

Le hic, c'est que l'affichage de la photo est toujours immédiatement suivi d'une rupture. L'idolâtrie iconographique en amour est donc un plaisir qui ne m'est jamais consenti...

Hier, Silviora m'a suggéré de me pacser avec Mademoiselle Chat. Elle a raison. Bientôt quatorze années de vie quotidienne et on s'aime comme au premier miaou.

Posté par blogdifferent à 02:44 PM - Confiture amoureuse - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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