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(Of course, any resemblance to the names, character, or history of any person is coincidental and unintentional...) (Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence...)

16 mai 2007

Reminiscienze italiane

[Ecrit le 11 mai 2007]

Je le confesse, j'avais oublié Milan.

Ses faubourgs avachis, à l'industrialisation mal digérée du siècle dernier, qui lui donnent de faux airs de désert de béton; ses larges boulevards semés de coquelicots éclatants et où circulent les autobus orange; les pavillons aux crépis mornes dont les murs vomissent des cascades de bougainvillées multicolores entrecoupées de lauriers fleur.

Me revoici, chère Milan, après dix années d'absence, redécouvrant tes viscères, tes avenues au parfum d'Un Amore de Buzzati, ta gare mussolinienne qui trône, insolente et monolithique, comme une Remington calcaire au milieu de la place Duca d'Aosta. Je reconnais tes têtes d'affiches, tes slogans publicitaires surannés, quelques-unes de tes rues que je foulais jadis.

A Cinisello-Balsamo, l'infâme banlieue sortie de terre pour abriter les usines Fiat et Kodak et accueillir l'immigration rampante en provenance de Sicile et du Sud de l'Italie, c'est la jeune fille que j'étais à vingt ans qui me salue amicalement d'un geste de tête, sourire perplexe et méfiant sur le visage, pas totalement convaincue qu'elle a pu devenir cette femme-là.

Et cette femme-là lui rend son regard, se souvenant du premier amour, des promenades assise périlleusement sur le guidon du vélo rouge de son jeune fiancé d'alors, qui pédalait à toute berzingue en faisant voleter sa jupe légère le long des rues aux noms d'écrivains et de communistes célèbres qui bordaient le Parco Nord. Elle reconnaît l'école du jeune fiancé, désormais flanquée d'un hôtel extravagant, aux dimensions de terrain de rugby, et qui réconcilie à grand' peine la colonne dorique avec la pièce montée. Elle repasse nostalgiquement devant son immeuble au numéro trois de la via Pirandello, se promet d'y aller saluer sa mère et ses frères.

Qui aurait cru que les routes de la vie m'éloigneraient tant de cette jeune fille-là...

Je comprends son scepticisme réprobateur en me voyant aujourd'hui: "C'est moi dans treize ans, ça?"

Eh oui, c'est moi, regarde ce que tu es devenue.

Posté par blogdifferent à 12:21 PM - Blog-trotteuse - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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