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(Of course, any resemblance to the names, character, or history of any person is coincidental and unintentional...) (Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence...)

06 mai 2007

Rêve de printemps

Il y a du nouveau dans ma vie et de la variété qui déménage. J'ai rencontré quelqu'un.

Et après que cet événement m'ait plongée dans une joie béate, me voilà chez moi aujourd'hui, en proie aux angoisses les plus noires. Heureusement que Mademoiselle Chat, étalée sur mes genoux à l'instant où j'écris ce message, me tient une compagnie quelque peu possessive.  Privée de ma présence ces jours-ci, elle veut s'assurer que je ne vais pas encore la délaisser.

J'ai du mal à discerner la source de mes angoisses, ce qui ne me facilite pas la tâche pour les combattre. Je n'ai pas le souvenir que l'amour m'ait jamais mise dans cet état-là au début d'une relation nouvelle.

Le côté positif, c'est que, portée par ce vent du changement, je me suis remise au travail.

Est-ce ce qui arrive quand on se sent tomber amoureuse à trente-trois ans? Quand, passé l'âge de la naïveté enjouée, on sent qu'on n'a aucune prise sur ce qui arrive? La réponse: panique à tous les étages.

J'ai passé ces quatre dernières années sans amour. Les deux premières années, à me remettre de l'amour. Les deux dernières, à me prouver que la seule manière de faire avancer ma vie, c'était d'éviter l'amour et de me concentrer sur autre chose. Et ça a marché, un temps. D'une certaine manière, c'était une bolée d'air pur de nouer des relations sans m'impliquer outre mesure.

Mais il y a deux mois environ, au beau milieu de mon inscription à la légère sur ce site, dont je n'espérais au départ que quelques aventures, quelque chose a changé. Je me suis lassée de la solitude que je m'étais imposée. J'ai réalisé que je n'aurais jamais la vie parfaite (ou du moins la situation profesionnelle parfaite) que j'attendais pour rencontrer quelqu'un dans les conditions idoines pour nouer une relation sur des bases saines. Je me suis dit que le meilleur moment était peut-être maintenant, aujourd'hui que l'ardoise de mes amours est vierge de tout ressentiment, ouverte à la nouveauté d'une encre qui vienne la recouvrir. Qui sait? Alors je me suis laissée porter.

J'ai rencontré son visage au détour d'une page du site et c'était comme si son sourire me parlait. J'ai envoyé un message de deux lignes, j'ai reçu une réponse d'une page. Cet homme-là était fait pour me plaire.

Chassé-croisé téléphonique d'une dizaine d'heures et toujours plus soif de le connaître. Rencontre repoussée par les hasards de la vie, impatience croissante des deux parts. Tendresse naissante également, prudemment, à petit pas. Et puis le rendez-vous. Terreur partagée à l'approche du jour dit.

La rencontre? Une vague déferlante. Je ne suis toujours pas recoiffée.

Mon homme n'est jamais là où on l'attend. Vous vous dîtes célibataire endurci avec pile de boîtes à pizza devant l'entrée? Vous tombez sur un intérieur immaculé, luxueux et dont le bon goût archi-design lui ferait mériter de figurer dans une revue de déco. Je ne blague pas. Et il a tout fait lui-même. Miracle. Vous vous dîtes informaticien coincé, il vous étonne avec un passé sentimental plutôt honorable.

Il est très rare qu'un homme me surprenne. Mais lui ne cesse de me surprendre. Il est d'une politesse et d'une prévenance à l'épreuve des balles. Mes verres sont toujours remplis, mes bras toujours légers parce qu'il se précipite pour porter mes affaires et mes biceps au repos car il s'efface devant toutes les portes. Re-miracle.

Notre première soirée ensemble? Il m'avait dit aimer les vieux films, mais n'avoir jamais regardé de comédie musicale. Alors j'ai apporté Top Hat avec Ginger & Fred pour détendre l'atmosphère. Il a adoré. Qui n'aimerait pas Astaire...? J'ai fini le film dans ses bras.

Notre seconde soirée ensemble? Après un pique-nique un peu mouillé à la Villette, retour au chaud. J'avise deux formes en bois sur l'étagère. Il me les tend et me dit, "Il faut faire une pyramide. En moyenne, les gens mettent une heure" (lui l'a faite en moins d'une minute). A première vue, les formes ne s'empilent pas et ont des tas de côtés, normal, c'est un casse-tête. Pour la peine, je le colle devant les tests d'admission à la MENSA. Nous sommes côte à côte, il a sa main posée sur ma jambe pendant qu'il réfléchit. C'est tendre et intime, détendu, ça sent le couple dans le meilleur sens que je puisse connaître. Il a pris sa journée pour ne pas me quitter.

Il passe les tests haut la main (37/40 en 54 minutes après une quasi nuit blanche - d'ailleurs, mon Glou, Yannou, tu fais mieux? A battle of nerds, j'adore). Dans l'intervalle, j'obtiens la jolie pyramide requise en vingt minutes. Pour la peine, il me refile un code de cinq lignes dont je dois trouver la sixième. Il me dit qu'il n'a pas réussi à trouver lorsqu'on lui a soumis. Il n'en faut pas plus pour me mettre au défi. J'ai remporté le code chez moi et quand j'aurai une minute, je m'y mets.

Hier après-midi, il avait une pendaison de crémaillère en province, il m'a demandé à quelle heure on se retrouvait après. J'ai esquivé et dit que je voulais rentrer un peu chez moi, passer une nuit seule. C'était vrai et faux à la fois. Je n'avais pas la moindre envie de passer cette nuit sans lui. Et en même temps, je ressentais un besoin de m'enfermer dans ma grotte pour prendre un peu de recul.

Je l'ai quitté le coeur léger, mais au fil des heures, une inquiétude sourde s'est mise à m'étreindre. Mal au ventre, des crampes dans l'estomac, le coeur battant à mille à l'heure. A ne pas s'y tromper, une crise d'angoisse. Et ça a repris ce matin.

Je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Est-ce parce que je me sens tomber amoureuse et que cela me terrifie? Sans doute.

Ou serait-ce plutôt cette intuition sournoise qui me dit de rester sur mes gardes? Son attitude quand on est ensemble est irréprochable, mais je ne sais pas, "my spider sense is tingling". Une sorte de sixième sens qui me dicte de faire attention. Est-ce que je me cherche des excuses pour que la relation ne fonctionne pas?

Je me souviens d'avoir ressenti cela une fois auparavant. Lorsque mon ex m'a annoncé qu'il avait quitté sa femme. A la seconde où il me l'a dit, alors qu'il était sincère et que ce devait être un moment joyeux, j'ai eu le pressentiment terrible que nous ne serions jamais ensemble, je suis restée figée, pétrifiée. La suite m'a donné raison, il m'a quittée trois semaines plus tard.

J'ai toujours eu de solides intuitions, mais j'ai aussi un historique de penser que mes relations vont échouer et de les faire échouer à force, le syndrôme d'autoréalisation. Vous redoutez tellement une chose que vous la faîtes arriver. C'est tout moi. Alors... j'hésite à me faire confiance sur ce coup-là. Le plus simple est sans doute d'avoir une conversation avec lui. Prématurée sans doute à ce stade, risquant de l'effrayer, mais bon, je me connais, quand je suis mal à l'aise, je ne parviens pas à tenir ma langue.

On verra bien ce soir, je ne peux pas rester dans cette incertitude, il faut que je sache.

Posté par blogdifferent à 09:50 AM - Confiture amoureuse - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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