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06 juin 2006

Au Pays d'Harlequin

[Ce post fait suite à deux autres sur le même sujet, le premier ici et le second ici].

Au cours d’un atelier d’écriture avec mon amie Sylvie, il nous avait pris l’idée qu’écrire un Harlequin serait peut-être un autre moyen de se faire quelques sous tout en s’amusant. Lors de mon passage chez Harlequin, Noémie m’avait remis une pile de romans, et j’avais eu le temps de potasser la question. Ce qui m’amène à vous en poser une, de question. Vous savez ce que c’est un Harlequin, outre le fait d’être un produit littéraire totalement insipide ?

Un Harlequin, nous l’avons découvert avec regret, c’est d’abord un roman exclusivement écrit en anglais. Si mes souvenirs sont bons, la maison mère était d’ailleurs au Canada. Il fallait donc être canadienne, ou américaine, voire britannique pour se voir décerner le précieux label « écrivain d’Harlequin ». Donc c’était déjà raté pour les deux copines qui voulaient se faire des sous...

Bon, maintenant, je vais vous faire profiter de mon expérience de critique littéraire chez Albin Michel pour vous expliquer le produit Harlequin type.

Le livre lui-même : Sur sa couverture, figure une sorte de photo romantique des deux amoureux transis ou de l’un des deux. La photo est retravaillée comme s’il s’agissait d’une peinture. A moins que ce ne soit une peinture dès le départ, auquel cas, ce ne serait pas une peinture de très bon goût. Le format du livre dépend de la collection à laquelle il appartient, mais en général et sauf éditions spéciales, cela tourne autour de 160-180 pages. Pour la collection Azur, qui est la plus basique de toutes, et celle à partir de laquelle les autres ont évolué, j’ai observé interloquée que la plupart des livres font pile poil 163 pages. Ce détail m’a toujours semblé un peu surréaliste. En v.o., cette collection fondatrice se nomme « American Romance ». Tout s’explique !

Le personnage féminin : Elle est belle, mince, elle a entre 22 et 35 ans, c’est une femme accomplie, intelligente, vive, maîtresse d’elle-même, ambitieuse, souvent une « executive woman ». Elle est toujours orpheline, ou a perdu l’un de ses parents ; c’est donc une femme rendue forte par les événements, indépendante, autonome. Elle possède un tempérament de feu, passionnelle, charnelle. Et malgré tout cela, elle est vierge ou presque. Parce qu’en réalité, c’est une femme sérieuse... douce, gentille, serviable et généreuse. Elle se méfie des hommes, ça fait un bail qu’elle est célibataire, mais c’est son choix. Et elle est toujours bien habillée.

Le personnage masculin : Il est beau, souvent un peu plus âgé qu’elle (maximum quarante-cinq ans environ). Il a un corps d’athlète, musclé, viril et érotique à souhait. En général c’est un brun ténébreux (alors que l’héroïne est souvent rousse, pour illustrer son tempérament de feu). Il est riche et occupe un poste élevé, pdg de sa société, qui est souvent une affaire de famille. J’ai oublié de dire que lui aussi est orphelin de père ou de mère, voire des deux. Au premier abord, il est rustre, désagréable, goujat, avec un solide mauvais caractère. Et plus tard dans le livre, grâce au miracle de l’amour, il devient le prince charmant. Elle le transforme (le rêve naïf de toutes les femmes !) : de séducteur volage et impénitent, il tombe irrémédiablement sous son charme, ne regarde plus d’autre femme qu’elle ; plus que transformé, il est converti ; une entrée en religion de monogamie (on y croit très fort).

L’intrigue : Ils se rencontrent, la plupart du temps par le biais de leur travail ou d’un héritage familial d’un parent distant. Il la snobe, elle le trouve odieux. Elle a vécu un amour malheureux auparavant et ne fait pas confiance aux hommes. Lui, il est tombé sur des garces, des vénales, des intrigantes, et se méfie des femmes. La situation professionnelle ou familiale dans laquelle ils se retrouvent les force à passer contre leur gré la majeure partie de leur temps ensemble. Les rapports sont plus que houleux. Mais un jour, voilà qu’il lui saute dessus, la plaque à terre, l’embrasse de force. Elle se débat, crie, hurle, griffe, le gifle, mais au fond, la salope, elle aime ça. Ca ressemble quand même fâcheusement à du viol. Mais, trahie par son corps, emportée par ses sens, elle finit par se laisser faire. Elle ne comprend pas sa propre réaction : ne s’était-elle pas blindée contre les pulsions sexuelles de l’amour (à ce stade, je dors déjà)? Le goujat réitère ses assauts au fil du livre, et elle résiste de moins en moins. Faut dire qu’il semblerait presque aimable et plus trop mufle, cet amant de Lady Chatterley en herbe. Mais ils n’ont toujours pas copulé, bien sûr. Quand ça paraît à peu près sûr qu’ils vont niquer, hop, un vilain quiproquo ou dispute surgit qui vient tout contrarier ce bel ordre des choses. Snif. Mais bon, hein, je vous ai dit que ça finissait bien. Donc, ça finit bien, il lui dit « je t’aime » tous les cinq mots, elle lui dit « je t’aime » tous les trois mots, et il la demande en mariage avant de l’avoir déflorée. C’est pas beau, ça ? En fait, Harlequin est le dernier vestige de l’amour courtois à la Tristan et Yseult dans notre monde de brutes.

Le style d’écriture : Cela ne surprendra personne si je dis que les livres sont « bien meilleurs » en anglais. La traduction française est ringarde à souhait. Par exemple, pour traduire le « you » anglais, on a recours à la convention kitsch et surannée du ils se voussoient avant l’amour, ils se tutoient après. D’autant plus troublant quand on sait l’âge moyen plutôt jeune des traductrices. Enfin, c’est peut-être pour plaire à la ménagère de cinquante ans [Tiens, d’ailleurs, je me demande quel est le public cible de ces livres]. Les livres sont truffés de fautes d’orthographe et de typographie. A se demander s’ils ont été relus (et toc, Noémie). Bon, soyons indulgents, le registre de langue est relativement soutenu (c’est pas du Balzac non plus) et, si ces livres pèchent par de nombreux aspects, le style n’est pas celui qu’il faut le plus décrier. Quant au degré de sexualité présent, il est très aseptisé, plein de métaphores assez rigolotes, plutôt du genre « le sceptre de sa passion » que « sa grosse verge turgescente ».

Mon opinion, outre le fait que les histoires soient purement invraisemblables et sirupeuses à vous en donner la nausée ? Je trouve ces livres brutalement misogynes, voire dangereux dans la mesure où ils sont propices à susciter des fantasmes de viols à peine déguisés, ou du moins dans la mesure où ils valident ces viols. Au deuxième livre, on en a déjà assez de relire la même histoire où seuls les noms des personnages et leurs occupations ont changé (je caricature un poil, mais c’est presque ça). Ces livres génèrent une lassitude incommensurable par leur manque d’inventivité. Il n’y a jamais d’effet de surprise. Remarquez, c’est peut-être précisément cela qui les rend si populaires. Je me demande quel peut être l’intérêt de s’abonner (ah oui, j’ai oublié de préciser que la plupart des ventes se fait par correspondance, pour une vingtaine d’euros par mois, vous recevez un livre toutes les semaines... si c’est pas ça, la définition du bonheur...). En fait, Harlequin, c’est les 3 Suisses de la littérature.

Les variantes selon les collections :

- Collection Passion / Rouge passion : l’héroïne n’est plus vierge, le héro a des érections, on a droit à quelques scènes fougueuses ; ensemble ils vivent heureux et ont de merveilleux orgasmes. Hélas, on est loin d’Anaïs Nin...

- Collection Or (aujourd’hui rebaptisée Collection Intrigue) : il y a une intrigue policière vaseuse autour. En plus d’être beaux, jeunes, romantiques et charmants (Ils boivent du Sprite), les personnages jouent les héros, ça fait beaucoup. Allez, un souvenir affectueux pour Cold Nose, Warm Kisses (Un châlet et deux coeurs) de Dawn Richardson...

cold_noses_warm_kisses

Un autre qui sortait un peu du lot dans la collection Azur: The Threat of Love (L'amour en prime) de Charlotte Lamb.

The_Threat_of_Love_2

En surfant sur Internet, j’ai découvert des petites perles rares de nouvelles collections qui ont germé depuis mon époque :

- Collection Emotions : elle est divorcée, elle a un enfant, comment va-t-elle refaire sa vie ? Pas d’inquiétude, le prince charmant guette, et lui aussi il est divorcé [ou De la manière dont Harlequin s'adapte aux statistiques américaines sur le taux de divorce pour maintenir ses ventes...]. Variante : en adultes consentants, ils se sont aimés follement le temps d’une après-midi sous le pommier, et clac, enceinte la cocotte. Bien sûr, elle ne lui a rien dit, en femme autonome et maîtresse d’elle-même. Elle a rongé son frein de nonne et s'est fustigée en songeant au prix de la légèreté de l’être. Et puis, au hasard d’une allée, avec son bambin sous le bras (pardon, dans le baby stroller), elle le revoit. Au premier regard, il devine que c’est son enfant, et propose sous moins de quarante pages d’épouser la mère [Chez Harlequin, c’est comme au siècle dernier, on répare l’honneur]. Rangeons également dans cette rubrique la Collection Horizon, qui se distingue autant du lot que je suis le marsupilami.

- Collection Historique / Collection Grands Romans Historiques : comment éviter la consanguinité quand on est follement amoureuse de son cousin ? Peut-on faire l’amour en robe de bure / cote de mailles / justaucorps moulecouilles ? La jouvencelle Lady Guenièvre préférera-t-elle hériter du château ou se faire tringler dans l’écurie, au mépris de toute étiquette ?

- Collection Les Bestsellers Harlequin : vous avez vécu jusqu’ici dans l’ignorance de Penny Jordan, Nancy Holder ou Nora Roberts ? C’est le moment de vous rattraper. Avec cent titres différents, cent millions de romans roses vendus, qui, à chaque sortie, squattent le top 10 du classement des meilleures ventes du New York Times et lui ont valu de devenir milliardaire, Nora Roberts la superstar envoie Flaubert aux oubliettes, Proust au hachoir, et ferait presque trembler le populaire Paulo Coelho. Quant à Penny Jordan, sa biographie Harlequin dit d’elle : « Penny croit profondément à l’importance de l’amour dans l’existence. » et ajoute : « Depuis qu’elle est devenue romancière, son ambition est restée la même : procurer à ses lecteurs un plaisir identique à celui qu’éprouvait sa petite soeur lorsqu’elle inventait pour elle ses premières histoires. » Si je voulais être une langue de fiel, je dirais que cela explique bien des choses. Mais je ne suis pas une langue de fiel, bien sûr.

- Collection Red Dress Ink (grand format) : ou comment Harlequin surfe sur la vague de la « Chicklit » britannique (« literature for chicks », littérature pour poulettes, pardon, trentenaires célibataires endurcies en quête d’amour, dont le fleuron fut Bridget Jones).

- Collection Mira (grand format) : une dose de John Grisham, une pincée de Stephen King (mais vraiment une petite dose, hein, faudrait pas que ça fasse un bon roman quand même), un soupçon d’Agatha Christie et... où est l’histoire d’amour ?! La maison Harlequin en pleine désillusion : si on voulait un vrai polar, on l’achèterait pas chez vous, hein...

- Collection Luna (grand format) : Harlequin n’en finit pas de plagier les succès culturels du moment. Ambiance Seigneur des Anneaux et heroic fantasy.

- Collection Jade (grand format) : comme Azur, avec des relents de saga familiale en toile de fond. Père abusif, mère manipulatrice, destin brouillé, tout n’est pas rose au pays des romans roses...

Et ma préférée :

- Collection Blanche : elle est infirmière, il est médecin, vont-ils faire l’amour sur la table d’opération ? Va-t-il l’attacher au mur avec des bandelettes et du fil chirurgical (je crois que je vais m’en acheter un pour avoir la réponse)?

Sans parler des avatars des collections principales :

- Collection Ambre (autodécrite par Harlequin comme « romantique, intense, passionnée », par rapport à la Collection Azur « la force d’une rencontre, l’intensité d’une passion », ce qui nous laisse tout le loisir de penser qu’il ne s’agit que d’une supercherie bassement commerciale pour faire passer cet ersatz de Collection Azur pour une nouveauté à part entière?)

- Collections Passion / Désirs / Audace : voir plus haut Collection Passion / Rouge passion. La seule chose qui change sur la photo de couverture, c’est la couleur des draps. Ou du négligé de dentelle.

J’ai également omis de préciser que si vous n’êtes pas rassasié, certaines collections existent en version saga avec suite au prochain épisode...

Déplorons au passage la regrettée disparition de quelques spécimens :

Collection ... (le nom m’échappe, n’hésitez pas si cela vous revient) : quand l’amour rencontre l’horoscope... Ce bélier parviendra-t-il à enfoncer la porte de votre quatrième maison ? Son capricorne va-t-il bien pénétrer votre lune ? Au lit, maîtrise-t-il bien son ascendant ?

Si vous ne l’aviez pas compris, les collections Harlequin, hormis l’Azur et la Rouge Passion ont la même pérennité qu’une larve de moustique... Au nombre des apparus-disparus en moins de quelques mois, citons les collections : L'Hôpital du parc, L'héritier des Maitland, Koomera, Le Clan des MacGregor, Les Héritiers. Je me souviens aussi d’une collection extra-lucide.

En conclusion, si les Telenovelas vous manquent, rabattez-vous sur un Harlequin (http://www.harlequin.fr) c’est à peu près aussi agréable à endurer. Tiens, d’ailleurs, pour la petite histoire, la plupart des téléfilms diffusés sur M6 (ceux qui ne parlent pas de maladies glauques en phase terminale) sont des adaptations de romans Harlequin. Hé hé, admirez comment Harlequin s’est inséré dans vos vies au moins une fois à l’insu de votre plein gré...

Si l’envie vous prend de vous cultiver sur l’univers des lectrices Harlequin, voici un forum assez rigolo et plutôt informatif sociologiquement parlant : http://p198.ezboard.com/flesromantiquesfrm2 (où l'on apprend, notamment, que les Harlequins sont réécrits selon les pays cibles avec variantes: femmes voilées, etc.).

Et si vous voulez savoir comment cette fascination douteuse pour la littérature de bas étage est née chez moi, c’est une histoire assez simple. Tout est parti d’un jour où j’aurais mieux fait de m’abstenir d’acheter des produits Yves Rocher, et où on m’a offert mon premier Harlequin pour me remercier de mes achats. Il y avait une blonde platine en couverture, et ça s’appelait Une femme sans passé (Another Woman, de Margot Dalton).

une_femme_sans_pass_

Ma professeur de Lettres en Première nous avait parlé de ces petits livres diaboliques qui réduisent les cerveaux des ménagères en purée (dix ans plus tard, elles étaient mûres pour regarder Loanna et Jean-Edouard faire des cochoncetés dans la piscine de Loft Story, tout cela n’étant rien d’autre à terme qu’une machination globale pour nous abêtir à grande échelle...) Préoccupée d’avoir cet objet du diable entre les mains, je regarde avec condescendance la vendeuse, et je lui dis en gros (mais poliment) qu’elle peut se le garder son livre de merde. Elle insiste, je me sens obligée, j’embarque à contrecœur le pamphlet satanique. Emportée par ma légendaire curiosité, je me suis forcée à le lire. J’ai détesté. Et j’ai lu tous ceux que la chère Noémie m’a filés par la suite. Je ne sais toujours pas pourquoi. Mon faible chronique pour le kitsch et le troisième degré ? Peut-être pour combler le fantasme d’écrire un jour une critique littéraire sur ce sujet un peu hors norme. Albin Michel ne l’avait pas demandée, je l’ai faite. Par esprit de contradiction. Et je vous le livre en pâture, vous, les masses internautes silencieuses.

Je dédie ce post à Bénédicte Boudou, mon excellente et vénérée prof de lettres pendant quatre années de secondaire à l’EABJM, qui m’a fait aimer la littérature française du XVIe siècle et les premières phrases de livres, entre autres choses. Je dois mon premier atelier d’écriture à son esprit d’innovation en milieu scolaire. Et à Marie-Anne Barbéris-Charbonnier, ma brillante prof de lettres en Hypokhâgne et Khâgne Lettres Modernes à Fénelon, qui m’a appris l’élitisme littéraire (regardez ce que j’en ai fait...)

Posté par blogdifferent à 12:44 AM - Humeur en billets - Commentaires [66] - Permalien [#]

Commentaires

    Bonjour,
    Dans la série, moi aussi j'ai été khâgneux à Fénelon et ai suivi les cours de Mme Barbéris. Mais quel était son prénom???
    Marie-Anne, je ne crois pas, cela ne mène à aucun résultat sur google. J'ai la mémoire qui flanche et ça m'agace. Help???

    Posté par Philip, 15 août 2010 à 05:00 PM
  • Il n'y en a qu'une !

    Cher Philip, il n'y a eu qu'une Madame Barbéris à Fénelon, à ma connaissance : c'est bien Marie-Anne.
    Si nous pensons à la même personne, il s'agit d'une blonde énergique, très mince, aux cheveux bouclés, toujours très chic et plutôt sexy. Elle aimait bien pousser de temps à un autre un petit coup de gueule contre tel auteur ou tel éditeur.
    Elle était fascinante !

    Posté par Claire K, 23 août 2010 à 04:37 PM
  • j'ai lu et j'ai tellement ri que j'en ai eu les larmes aux yeux pliée devant mon écran. ah lalala... que de souvenirs de jeunesse tous ces harlequins, une vraie drogue légale, mon capitaine ! en attendant, chapeau pour la touche humouristique.^^ du coup j'ai filé lien à mes copines histoire qu'elles se poilent elles-aussi, après tout faut faire partager le bonheur. et dire que cet article qui date de 2006 continue toujours à faire des émules... héhé...

    Posté par graz71, 28 août 2010 à 07:38 PM
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    Posté par Term Papers help, 04 septembre 2010 à 10:01 AM
  • Fureur

    Bonjour à toutes (si tant est qu'il n'y ait que des femmes),
    Je suis surprise de trouver autant de fureur et de hargne. Je suis une lectrice assidue de romans sentimentaux, (je n'aime pas beaucoup les harlequins je leurs préfère ceux de la collection aventure et passion de j'ai lu)et pourtant je ne comprend pas tous ces commentaires agressifs. Blogdifférent a autant le droit de dénigrer les romans harlequins que moi j'ai le droit d'en lire. Je trouve qu'en réagissant à l'extrème à ces propos, vous ne faites que leur accorder une importance qu'ils n'auraient pas, si le silence les avaient accueillis. Je conçois que l'analyse minimaliste qu'elle brosse des lectrice harlequin vous peine, mais son opinion a-t-elle tant d'importance ? Pour ma part, je me moque de savoir ce qu'elle pense de moi, de mon cerveau, de mes lecture, et même de mes frustrations !
    Je vous souhaite à toutes bonne lecture, quelque soit la littérature que vous aimez.

    Posté par sansnom, 17 septembre 2010 à 01:18 PM
  • La charge de la cavalerie...

    Mademoiselle, je suis jaloux.

    Terriblement jaloux.

    Critique polémique professionnel, il y a des années, aujourd'hui rangé dans un milieu qui me permet de manger à ma faim et tous les mois (!), je pensais, en 2008, avoir la palme du déchaînement de fureurs militantes sur un blog pourtant anodin.

    En effet, à cette époque, j'écrivais un article plutôt ironique et teinté d'absurde sur le végétarisme et "l'écologISME" et constatais, vu le déferlement d'activistes vegan haineux, que celui-ci faisait le tour de la forosphère pro-brocolis.

    http://article9.hautetfort.com/archive/2008/03/11/save-the-planet-eat-carrots.html

    S'ensuivait une rigolade que, par souci d'apaisement personnel, je choisissais de ne pas alimenter mais qui me faisait quand même bien marrer pour l'image qu'elle me renvoyait de vilain garnement ayant shooté dans une fourmilière.

    Et voilà que je découvre votre article, que je me délecte de son ton pertinent (la métaphore marsupilamesque m'a fort plu) et que je me dis, benoitement, "C'est vrai, 'sont vraiment gnagnans ces lecteurs d'Harlequin". Lecteurs que j'imaginais -j'avoue, je suis un sale con intolérant et bas de plafond- mièvres, molles, sans caractère, incapables d'écraser une mouche alors qui rôde pourtant autour de la tarte aux pommes qu'elles viennent de préparer pour leur homme qui va bientôt rentrer du bureau.

    Mais je constate que c'est plutôt l'ambiance Desperate Housewives qui règne dans les rangs des Harlequineuses.

    Du coup, je boude, jaloux : moi qui me disais "Avec les Vegan, j'tape dans la gamme ultime d'extrémistes virulents, on va se marrer !", ben tu parles, j'aurais mieux fait d'écrire sur "SAS" ou "Martine à la Poste"...

    Même pas drôle !

    Posté par Seb., 25 octobre 2010 à 05:11 PM
  • Et zut !

    Double post. J'vous laisse effacer. Pardonnez moi.

    Posté par Seb., 25 octobre 2010 à 05:12 PM
  • Re: Sebastien Pepinster

    Merci pour votre commentaire qui à son tour m'a bien fait rire. Me voilà moins seule dans la galaxie de destinataires de la rage des bien-pensants végétaro-harlequiquinants. ;o))

    Au passage, j'ai connu un Julien Pepinster, jeune homme fort érudit et grand spécialiste de l'histoire du métro. Même famille?

    Posté par Blogdifferent, 25 octobre 2010 à 08:33 PM
  • Re : Blogdifferent

    Ah ben non ! Mais là, j'vais être obligé de vous demander en mariage : ce type n'est pas de ma famille, mais pas du tout, et pourtant on a la même obsession.

    Du temps où j'étais photographe, je ne shootais que dans le métro et les trains.

    Dingue, ça !

    Merci de me l'avoir fait connaitre.

    Posté par Seb., 25 octobre 2010 à 08:58 PM
  • Julian Pepinster

    En fait, j'ai fait une faute d'orthographe, c'est Julian Pepinster avec un A. Il est l'auteur/co-auteur de plusieurs livres en français et en anglais sur le métro. Si vous faites une recherche sur Google, vous allez trouver plein de choses sur lui.

    Posté par Blogdifferent, 25 octobre 2010 à 09:05 PM
  • Nan mais l'aut' qui m'prend pour une pomme...

    ... c'était déjà fait, hein.

    Que croyez vous ?

    Google est mon meilleur ami et j'ai eu recours à sa connaissance infinie dès la lecture de votre billet.

    Encore merci. Et à quand vous voulez, où vous voulez.

    Posté par Seb., 25 octobre 2010 à 09:09 PM
  • SALUT

    J AI LU AVEC BEAUCOUP D INTERET TOUT VOS COMMENTAIRE ET JE VOUS TROUVE UN PEU DURE JE SUIS MOI MEME UNE GRANDE LECTRICE DE ROMAN A L EAU DE ROSE DEPUIS SIX ANS ET JE NE M EN LAS PAS CERTAIN SONT PLUS INTERESSANT QUE D AUTRE MAIS EN MEME TEMPS QU ON EN LISE UN OU DIX ON SAIS TOUJOURS LA FIN SI CA NE CONVIENT PAS ALORS IL FAUT LIRE AUTRE CHOSE SUR CE JE VOUS SOUHAITE UNE BONNE SOIREE

    Posté par ISA, 02 décembre 2010 à 09:18 PM
  • Harlequin

    Bonjour,

    Je suis étudiante et je cherche à me faire un peu d'argent, et les traduction Harlequin m'interesseraient pas mal. Vos articles sur Harlequin m'ont bien fait rire et ont l'air de bien refléter la réalité...
    En fait, je voulais vous poser quelques questions : quel niveau d'anglais exigent ces traductions et quelle disponibilité cela necessite-t-il ?
    Je suis moi-même en khâgne et je pense que la traduction pourrait constituer un petit boulot sympa (enfin...) pour l'année prochaine.

    Merci d'avance

    Posté par Flo, 17 janvier 2011 à 06:36 PM
  • lol

    mon dieu comme j'ai pu en lire de ces livres, et aujourd'hui il m'en reste quelques spécimens dont je me plais à lire !! je me sens pas l'ame d'une huitre cuite au four mais je pense que ces bouquins sont l'orgueil et préjugés de bas niveau, la pauvre jane austen se retournerait dans sa tombe, mais les trames sont les memes, fille droite, homme un peu goujat, prétentieux, conflit verbal, orgeuil, et sentiments explosifs à la fin
    je me suis bien marrée avec cet article, et tout est vrai mais de grâce, non , laissez nous rever à ces héroines fières, simples, gentilles, et indépendantes et ces messieurs orgueilleux, volontaires, arrogants, grands et beaux à faire tourner les tetes
    cool !!!! harlequin est le disney de la littérature et ne fais de mal à personne, j'adorais les anciennes collections
    mon premier offert par Sopalin !!! et les échanges avec les copines de classe, gros trocs, mais au moins on se marrait et les jeunes et moins jeunes avaient certainement plus les pieds sur terre qu'on le pense et étaient plus respectueux que maintenant....

    Posté par kiss, 21 janvier 2015 à 04:22 PM
  • MDR

    Je n'ai pas arrêté de rire mais je vais préciser que lire un Harlequin ne rend pas débile si on a déja une personnalité bien encrée et assumée. Ce type roman est lu autant par des intellectuels que par des manuels. En effet rien n'empêche d'être à un autre genre et d'en émettre sa propre opinion, l'objectivité ne fait pas de mal. Ensuite, les collections ont bien évoluées et des auteures non anglo-saxons en font partie ex : Angela Morelli qui a écrit "L'Homme idéal (en mieux)".
    Quant à l’irréalisme de ses histoires, comment dire, je n'ai pas lu toutes les collections pour la simple raison que certaines ont disparues avant que je ne m'y mette. Mais certaines histoires font penser à celles de Monsieur et Madame tout le monde. Certains aspects comme le mec toujours argenté avec une grosse société peut revenir mais pas toujours, dans "le feu sous la glace, le jeune homme est plutôt charmant, un pompier volontaire qui a une petite boite de moniteur de ski, et qui joue au hockey en bon habitant de l'Alaska. Et c'était plutôt la fille qui venait cette fois ci d'une famille très argentée de bourgeois très rigides et peu enclins à s'occuper du bien être de leur seul enfant vu que seul les apparences comptent. C'est assez réaliste quand on connait le monde bourgeois et la pression qu'elle peut mettre sur ses progénitures. Bref, il y en a d'autres comme ça avec des mec pas taciturnes et qui aboient tout le temps..., remettez vous à la page. Un Harlequin c'est vraiment hilarant par moments mais j'avoue qu'ils sont bien meilleurs en anglais avec des titres qui ont plus de sens.
    On croirait que certaines histoires ont été pompées dans la vie réelle. Bon je me suis rendue compte (bien après) que j'ai déja vécu une expérience digne d'une histoire de Harlequin et j'avoue que ça m'a bien fait rire, moi qui me disait que c'était impossible (je ne rentre pas dans les détails bien sûr lol), comme quoi pas si impossible ai-je pensé. Je pourrai tenter moi aussi d'en écrire un à partir de mon expérience tiens, ce serai drôle.

    Ne soyez pas trop dure avec les romances, cela ne fait pas de mal avec un peu de recul et la romance, ça existe, il faut le vouloir, on vit juste dans monde où les gens sont cupides, égoïstes et méchants comme la teigne et gale. Nous pouvons tous éprouver ces sentiment et être en contact avec de telles émotion à moins de ne pas le vouloir, d'être psychopathe, sociopathe ou encore d'être atteinte du syndrome du guerrier et j'en passe ( excusez moi pour tous ces termes, c'est ma formation de criminologue qui veut ça).
    Renseignez vous sur les nouvelles collection, il y a même du fantastique maintenant mdr, comme quoi ! Ah et la collection spicy, pas mal.

    Évitez sincèrement une chose, c'est de dénigrer les gens, vous n'êtes pas meilleure que le autres, le titre de votre article et un sujet classique, vu et revu bourré de préjugé. On peut critiquer en toute objectivité ne pensez vous pas ?!
    Ah j'adore Baudelaire et Rimbaud mais ces mecs sont carrément flippant, faut pas être dépressif quand on veut les lire, sinon y a un gros risque de se mettre la corde au coup croyez moi. Tout est question de personnalité, quand on aime pas, pas de soucis, on a le droit mais s'en prendre à ceux qui aime est une mauvaise stratégie signe d'un manque de recul certain et on dirait que cela vous touche vraiment. Mettez ça de cotez, affrontez le si vous voulez et vivez votre vie, sans que les Harlequin ne vous rendent chèvre, ce serai dommage car j'aime bien votre humour même si je ne suis pas d'accord avec la façon irrespectueuse (par moment) dont vous y prenez.

    PEACE ! Et désolé pour les fautes, j'en fait souvent quand je suis pressée, ma pensée va plus vite que mes doigts donc c'est un peu dur pour les gens qui ont un cerveau pareil !

    Posté par Lawryie, 10 février 2015 à 03:14 PM
  • HARLEQUIN C EST ENFANTIN

    Bonsoir


    Votre article m'a beaucoup fait rire, un vrai talent d'humour pour exprimer ce que je pense également, je dois dire que j'ai la même vision de ces livres en ayant eu la malheureuse occasion d'en lire un seul chapitre une fois, j'ai pas continuer...

    Quand on lit les résumés des histoires harlequin, on a le sentiment que les clientes de ces lectures sont des ados ou des femmes immatures de milieux modestes, et de surcroît ayant eu des pères absents dans leur vie, absents dans le sens de l'intérêt suffisant qui ne leur a pas été donné par celui-ci, d'où l'image attirante permanente du ténébreux qui impressionne au début (comme elles l'ont été petites filles par leur père), mais c'est un écorché à consoler évidemment (comme le père égoïste il a toujours les excuses de sa fille) et comme il a un physique d'apollon (le père idéalisé et embelli) et bien entendu il a une très belle situation (le père de rêve qui fait honneur), pour ces raisons elle s'accroche...
    Ce qui pourrait faire penser que le fantasme de cette population de lectrices c'est qu'elles rencontrent à tout pris un homme comme leur père ne l'a pas été, beau avant toute chose, qu'il ait situation enviable, et que leur mauvais caractère de départ finisse par changer...
    .
    Ce que j'ai du mal à comprendre c'est que les mêmes ficelles de chaque trame de fond qui se ressemblent ne lassent pas plus les lectrices, comme une drogue à l'espoir que ça ravive en elles.

    J'irai presque jusqu’à dire que la collection Harlequin est fait pour des femmes qui pensent Harlequin dans leur vraie vie !!!

    Finalement l'un s'enrichit de la misère sentimentale de l'autre...

    ARLES QUINE

    Posté par ARLES QUINE, 18 février 2016 à 10:03 PM
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